Cinéma

"Pipicacadodo", disait Roberto Benigni, instituteur maternel aux ambitions pédagogiques dans ce film de Marco Ferreri. Mais rien à voir entre l’auteur de "La Grande bouffe" et Emmanuel Gillibert.

Ça commence par un EVC, un enterrement de vie de coloc'. Antoine voit son pote remplacé par le directeur d’une agence de mannequins, mais c’est Jeanne, jolie blonde qui s’installe avec ses deux mômes, 8 et 5 ans. On a le pitch, un célibataire branché meuf d’un soir se retrouve du jour au lendemain dans la position d’un père de famille avec tous les désagréments et aucun avantage.

"Merde" se dit-il. Mais chaque gros mot, c’est un euro. A ce tarif, le film va lui coûter cher, plus cher que le salaire des scénaristes. Forcément, quatre clichés, trois vannes usées, deux "quiprocons" et une dose de vulgarité pour épicer le tout, c’est pas très cher. On est loin de "Papa ou Maman" par exemple où l’on sentait l’investissement dans la mise en scène, le dialogue, les acteurs. Arnaud Ducret joue le beauf avec conviction et Louise Bourgoin est aussi inattendue que Marion Cotillard au défilé Zeeman. On a vu pire et avec encore plus de placement de produits. Mais quelle idée, tout de même, de sortir ce film en plein été alors que les grandes scènes se déroulent à Noël.

Réalisation : Emmanuel Gillibert. Avec Arnaud Ducret, Louise Bourgoin… 1h45.

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