Cinéma Cinéma Du 1er au 8 décembre prochains, le Festival du cinéma méditerranéen tournera ses projecteurs vers le Maghreb.

Lancé en 1989 par la Cocof, le Festival du film méditerranéen (devenu annuel en 2012) a pour mission d’"élargir notre vision du monde et aider à mieux comprendre les autres cultures". Si, l’année dernière, c’était vers les Balkans que se tournait son regard, le festival a cette fois choisi de se focaliser sur les femmes et le Maghreb (d’où proviennent 13 films sélectionnés). Deux thématiques parfaitement réunies dans le film d’ouverture, le vendredi 1er décembre au Botanique : "La Belle et la meute", bel exemple de cette Nouvelle Vague tunisienne qui déferle depuis la révolution de décembre 2010.

Un choc venu de Tunisie

Découverte en 2014 avec "Le Challat de Tunis", Kaouther Ben Hania a épaté à Cannes avec ce troisième long métrage. Grâce à une mise en scène très solide, ce thriller haletant raconte une nuit en enfer pour une jeune femme - campée par la formidable Mariam Al Ferjani (une révélation) victime d’un viol par des policiers. Comment porter plainte contre ses propres bourreaux ? Un film dur qui en dit beaucoup sur l’état de la société tunisienne.

Ayant reçu beaucoup de films de femmes, les organisateurs du CinemaMed ont décidé de dédier cette 17e édition "aux combats des femmes en Méditerranée mais aussi partout dans le monde". Un choix évidemment validé par l’actualité récente. Cette année, le jury sera donc entièrement féminin, présidé par la productrice égyptienne Marianne Khoury (la nièce du grand Youssef Chahine) et où l’on trouve notamment les comédiennes belges Stéphanie Crayencour et Anne Paulicevich et la cinéaste israélienne Sophie Artus. Elles seront chargées de départager les neuf longs métrages en compétition. Où l’on croisera Hiam Abbas dans "A mon âge, je me cache encore pour fumer" de l’Algérienne Rayhana, le réalisateur italien Jonas Carpignano venu avec "A Ciambra" ou encore Tony Gatlif. Le cinéaste français présentera, le 6 décembre à Bozar, "Djam", road-movie au féminin entre la Grèce et la Turquie sur la route des migrants.

La gueule de bois de la jeunesse égyptienne

Du côté de la très riche programmation documentaire "Medoc", pointons "Ana for Mayor" de Pau Faus, qui retrace l’arrivée à la mairie de Barcelone de la militante de Podemos Ada Colau. Projeté le 6 décembre au Botanique, le film sera suivi d’un débat sur le passage de la lutte citoyenne à l’action politique. Dans "A l’ouest du Jourdain", Amos Gitaï tente, lui, de croire encore à la coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens. Tandis que, le 2 décembre, une journée entière sera consacrée à l’Egypte, autour de la projection de "Rester vivants", premier film de Pauline Beugnies. La photojournaliste carolo, qui a vécu au Caire de 2008 à 2013, retrouve ici quatre militants qu’elle avait filmés au moment de la révolution de janvier 2011. Six ans plus tard, la gueule de bois est totale pour ces jeunes désabusés, qui ont l’impression d’avoir "rêvé" la révolution plutôt que de l’avoir vécue, dans un pays repris d’une main de fer par l’armée et le maréchal al-Sissi.

Enfin, le troisième axe de la programmation sera "Partir ou pas". La question des réfugiés est au centre de "More", sorte de "Promesse" des Dardenne à la mode turque, et de "Mr Gay Syria", docu sur un réfugié syrien qui tente d’organiser un concours de beauté homo à Istanbul. Tandis que dans "Les Derniers Hommes d’Alep", Feras Fayyad a, lui, filmé en immersion les "casques blancs", ces hommes qui ont choisi de rester à Alep pour venir en aide à la population victime des bombardements du régime de Bachar el-Assad.H. H.

Du 1er au 8 décembre au Botanique, au cinéma Aventure et à Bozar.Tarifs : 10 € pour les galas d’ouverture et de clôture au Botanique, 8 € à Bozar, 5€ (4€ avec réduction) pour les fictions; 3€ pour les documentaires à l’Aventure et Bozar. Rens. : www.cinemamed.be.