Cinéma

Chantons sous la pluie» est inoubliable mais qu'en est-il de tourner sous la pluie, surtout quand elle est inattendue? L'anecdote est rapportée par James Stewart dans la biographie que Jonathan Coe vient de lui consacrer. L'histoire se déroule début des années 50 alors que James Stewart incarne le personnage principal de «Fenêtre sur cour». On se souviendra que ce chef- d'oeuvre d'Alfred Hitchcock raconte l'histoire d'un reporter photographe qui s'est cassé la jambe et se retrouve plâtré et immobilisé dans son appartement où il reçoit de temps en temps la visite de sa fiancée (Grace Kelly). Pour tuer le temps, il observe par la fenêtre, suit les vies des gens qui vivent dans les appartements d'en face jusqu'au moment où il croit être le témoin d'un crime.

«L'éclairage de certaines scènes posa un problème, raconte James Stewart. Un jour, nous devions tourner une série de séquences où la caméra était placée derrière moi, c'est-à-dire qu'on me voyait au premier plan en flou, et l'action mise au point se déroulait en face, dans la cour. Dans ce genre de situation, on a toujours un gros problème de profondeur de champ et il faut redoubler l'éclairage de façon à pouvoir conserver une petite ouverture de diaphragme pour garantir la mise au point de l'action. On a pris tous les projecteurs des studios non utilisés de Paramount, mais cela ne suffisait pas. Alors, on en a emprunté à la Columbia et à la MGM, et on a enfin pu tourner. Tout à coup, au beau milieu d'une prise, le dispositif anti-incendie a mal interprété la chaleur des projecteurs et s'est déclenché. Il ne s'agissait pas de minces coulées d'eau mais de véritables cataractes. Les lumières se sont éteintes et tout le monde s'est mis à patauger dans le noir. Mais cela ne troubla pas du tout Hitchcock qui s'est assis et a dit à son assistant de faire éteindre les extincteurs, de le prévenir quand il aurait cessé de pleuvoir... et entre-temps, de lui apporter un parapluie.»

© La Libre Belgique 2004