Cinéma Un bon thriller de science-fiction en huis clos et en apesanteur.

Après huit mois de voyage dans l’espace, une sonde en provenance de Mars est récupérée de justesse par le bras mécanique de la Station spatiale internationale, dans un geste héroïque qui donne plein d’espoir à l’équipage. Composé de six astronautes. Celui-ci va pouvoir se mettre à étudier les premiers échantillons prélevés du sol martien. Et là, miracle, le biologiste de l’équipe parvient à réveiller une cellule endormie, apportant à l’humanité la première preuve formelle de vie extraterrestre. Mais la cellule se multiplie à vue d’œil, jusqu’à se transformer en un petit être curieux. Lequel va rapidement chercher à échapper au confinement du laboratoire…

L’immense succès de "Gravity", oscar du meilleur film en 2014, a donné des idées à Hollywood… La preuve avec "Life", film catastrophe entièrement en apesanteur. L’effet de surprise est un peu passé, la réalisation est moins grandiose que celle du Mexicain Alfonso Cuarón et la 3D est ici absente. Mais Daniel Espinosa signe néanmoins un divertissement chiadé comme Hollywood en raffole.

Après avoir gagné ses galons à l’international avec "Safe House" en 2012 (thriller avec Denzel Washington) puis avec le très tarabiscoté "Child 44" en 2015, le cinéaste suédois se voit ici confier la barre d’une grosse production à grand spectacle. Et Espinosa fait le job, signant un thriller de science-fiction tout ce qu’il y a de plus efficace. Il se montre notamment très à l’aise pour mettre en scène l’intimité et la cohabitation au quotidien d’un équipage international, réunissant Américains, Russe, Japonais et Britannique.

Mais "Life" ne peut cacher sa principale source d’inspiration. Le film paie son tribut au grand classique du genre : le premier "Alien" de Ridley Scott en 1979 (qui aura d’ailleurs droit à une journée spéciale le 26 avril prochain; cf. pp.2-3). Le scénario en reprend en effet les grandes lignes. Soit un intrus décimant un à un des astronautes confinés dans un espace clos. Si Espinosa n’est clairement pas aussi fort que son aîné pour distiller l’angoisse - on frissonne quand même très peu, l’intrigue ayant tendance à s’étirer en longueur -, on apprécie sa capacité à intégrer le huis clos dans un environnement réaliste. Car aujourd’hui, quand on filme des astronautes évoluant dans l’espace, on n’est plus tout à fait dans la science-fiction. Ce n’est pas Thomas Pesquet qui nous démentira…


© IPM
Réalisation : Daniel Espinosa. Scénario : Rhett Reese & Paul Wernick. Photographie : Seamus McGarvey. Musique : Jon Ekstrand. Avec Jake Gyllenhaal, Rebecca Ferguson, Ryan Reynolds, Olga Dihovichnaya… 1h43.