Cinéma

Londres aujourd’hui. Métropole cosmopolite, où mènent encore tous les chemins. Celui d’Axl (Fernando Tielve), jeune Espagnol qui débarque dans la capitale à la recherche d’un géniteur qu’il n’a jamais connu. Celui de Vera (Déborah François), jeune femme du continent, qui, après une rupture douloureuse, se lance dans une nouvelle relation tout en gardant des distances avec son amant. Ces deux âmes solitaires se croisent dans un squat tenu par Mike (Iddo Goldberg), qui perpétue la tradition du Londres underground, entre happening, aventures bohèmes et concerts alternatifs.

L’affiche de "Unmade Beds" trahit les influences d’Alexis Dos Santos qui, comme bien d’autres, rêve encore du mythe d’un Londres aujourd’hui révolu - celui de la scène punk de la fin des années septante. Ses personnages et ses décors en ont le parfum, entre un indie club enfumé et un squat coloré où se croisent des adultes en devenir aux destins, aux amours et à l’orientation sexuelle incertains - et qui ne peuvent concevoir de terminer dans le costard triste d’un agent immobilier : décevant père que se trouve là Axl.

Les intentions de Dos Santos sont charmantes et plaisantes, mais confinent "Unmade Beds" dans un certain romantisme (et même un romantisme certain) qui limitera au public post-ado ce film désuet et décalé par sa dimension intemporelle et un esthétisme parfois pesant. Les autres, s’ils ne sont pas amnésiques, pourront l’apprécier un instant avec une bonne dose de nostalgie et/ou de mélancolie. Ciel, j’ai vieilli !