Cinéma

A l'occasion de la sortie du film "Chez nous", La Libre a interrogé le réalisateur Lucas Belvaux.

"Chez nous" est-il un film d’utilité publique ?

De débat public. Provoquer le débat pendant les présidentielles. Je ne pense pas qu’un film puisse influer sur une élection, mais si ça peut faire sortir le FN du bois, comme cela s’est passé avec la bande-annonce, c’est déjà pas mal.

Comment interprétez-vous cette réaction violente du FN dès la sortie de la bande-annonce en décembre ?

C’est une réaction stratégique qui s’adresse exclusivement aux adhérents en leur disant ce qu’ils doivent penser avant même d’avoir vu le film.

Le FN n’a-t-il pas perdu son sang-froid ? Dans le fond, il a fait de la pub au film.

Il s’en fout. Si le film fait un million de spectateurs convaincus, il s’en moque car ce ne sont pas ses électeurs. En revanche, il faut empêcher ses électeurs potentiels d’y aller. La réaction s’adresse uniquement à eux. Et puis, ça leur permet de communiquer leurs éléments de langage : c’est un film de bobo, un film produit par des privilégiés, un film réalisé avec l’argent du contribuable, un film à charge qui montre les adhérents du FN comme alcooliques abrutis. Sans même l’avoir vu, le FN dit à ses électeurs ce qu’ils doivent en penser.

On parle de radicalisation rapide de ces jeunes qui rejoignent le djihad. Est-ce le même phénomène de radicalisation qui précipite les gens dans les bras de Marine Le Pen ?


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