Cinéma

Très secret, quasi mutique, Lukas bosse comme videur dans une boîte de nuit. La journée, il s’occupe de sa fille Sarah, l’emmène à l’école, lui fait les courses pour la rentrée et, le soir, lui prépare à manger. Viré de son boulot suite à une altercation ayant mal tourné avec un client haut placé, il est engagé - après un entretien d’embauche très musclé -, dans une boîte de strip-tease d’Ixelles, tenue par un truand flamand (Sam Louwyck). Contacté par un étrange flic européen (Sami Bouajila), Lukas est contraint de bosser pour lui. En échange d’une promesse d’amnistie pour son affaire de boîte de nuit, le flic exige qu’il le renseigne sur les agissements de son nouveau patron, un faux-monnayeur de dimension internationale, qui vient de faire venir à Bruxelles une spécialiste italienne des faux billets (Sveva Alviti).

Le principal et seul intérêt de ce polar ultra-convenu, c’est évidemment la présence de Jean-Claude Van Damme à l’écran. Si la star belgo-hollywoodienne continue de tourner à la chaîne ses productions de baston que plus personne ne regarde (même sa série des "Kickboxer"), chacune de ses apparitions dans un film européen a un petit parfum événementiel. Après sa série pour Amazon "Jean-Claude Van Johnson", on sent bien que l’acteur voudrait redevenir une star. Et peut-être se payer le luxe d’un retour en grâce via le cinéma d’auteur. C’était à moitié réussi dans "JCVD" de Mabrouk El Mechri en 2008, c’est plutôt raté cette fois…

Pourtant, Jean-Claude y croyait, sans doute persuadé que Julien Leclercq lui offrirait la même rédemption que Darren Aronofsky avait offerte à Mickey Rourke dans "The Wrestler". La séquence d’ouverture, un long plan-séquence suivant JCVD de dos, est d’ailleurs une quasi-citation du film d’Aronofsky. Malheureusement, le cinéaste français (connu pour une série de thrillers appuyés : "Braqueurs", "L’assaut", "Gibraltar"…) ne parvient pas à transcender un polar totalement cliché. Scénario déjà-vu (le gros bras se battant pour sa fille), situations convenues sur lesquelles le spectateur a toujours un coup d’avance, ambiances pluvieuses et froides, personnages ténébreux… Rien ne surprend dans cette noirceur de pacotille. Et surtout pas le jeu de Van Damme, mono-expressif pendant 1 h 20… A ses côtés, Sam Louwyck est par contre plutôt savoureux en mafieux flamand de bas étage.


© IPM
Réalisation : Julien Leclercq. Scénario : Jérémie Guez. Photographie : Robrecht Heyvaert. Musique : François Roy Jean-Jacques Hertz. Montage : Benjamin Courtines. Avec Jean-Claude Van Damme, Sam Louwyck, Kevin Janssens, Sveva Alviti, Sami Bouajila… 1 h 26.