Cinéma

Ya-t-il un scénariste dans la salle ? C’est possible. Dans le film, en revanche, il n’y en a pas. Pas même un pitch, juste une lubie : offrir à Fanny Ardant un rôle de mère extravagante.

Après avoir été cigale toute sa vie, un huissier frappe à la porte de sa maison Art nouveau et menace de l’expulser si elle ne trouve pas 50 000 euros vite fait. Fast. Go fast.

Voilà la solution, quelques trajets entre Rotterdam et Paris devraient lui suffire pour se refaire. En plus, son fils unique - qu’elle n’a plus vu depuis deux ans - habite Rotterdam puisqu’il travaille à Bruxelles. Ça, un scénariste n’aurait pas osé, mais ça ramène du tax-shelter. Et un peu de contentieux mère/fils, cela permet d’occuper le voyage entre deux scènes improvisées où l’on demande à Fanny Ardant de faire la foldingue. Comme danser le tango avec un inconnu pour mettre l’ambiance dans un bistrot ou chercher son foulard partout alors qu’il est sur sa tête. C’est qu’on a, aussi, fait des économies sur le dos du dialoguiste. On s’en rend compte, une fois, lors d’un échange avec des policiers belges.

Pauvre Fanny Ardant, on ne l’a pas aidée. Pas de scénario, pas de dialogue, pas de partenaire. On connaît des acteurs qui ont deux expressions, d’autres qui en ont une, mais le chanteur Vianney, c’est zéro expression. Diane Kurys l’a choisi pour se garantir un minimum de spectateurs et aussi pour créer un effet de contraste. Comme il n’est ni noir, ni blanc, mais transparent ; ça ne fonctionne pas. Pour les inconditionnels de Fanny Ardant dans son registre insupportable.

Réalisation : Diane Kurys. Scénario (?) : Sacha Sperling, Pietro Caracciolo. Avec Fanny Ardant, Vianney, Patrick Chesnais, Arielle Dombasle… 1h 35.


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