Cinéma

La comédienne Marie Trintignant, hospitalisée dans un état grave à Vilnius, est une enfant de la balle, venue très tôt sur les planches dans le sillage de son père le comédien Jean-Louis Trintignant et de sa mère Nadine, réalisatrice.

L'actrice, qui se trouvait lundi dans le coma dans un hôpital de Vilnius, a été battue dans la nuit de samedi à dimanche par son ami Bertrand Cantat, le chanteur du groupe rock français Noir Désir, selon la police locale. Marie Trintignant se trouvait en Lituanie, pour tourner un téléfilm pour France 2, réalisé par Nadine Trintignant, où elle incarnait la romancière Colette.

Née le 21 janvier 1962 à Paris, Marie Trintignant a fait sa première apparition au cinéma à quatre ans dans "Mon amour, mon amour", réalisé par sa mère.Celle qui voulait plutôt se diriger vers une carrière de vétérinaire et affirmait souffrir d'une grande timidité poursuit dans le 7ème Art, figurant dans deux autres films de sa mère, dont "ça n'arrive qu'aux autres" en 1971 avant d'être lancée par Alain Corneau, en 1978 dans "Série noire", où elle joue une jeune fille qui fait perdre la tête à Patrick Dewaere.

Attirée par les rôles mystérieux, surprenants, torturés - "J'aime bien les personnages étranges" déclarait-elle en 1996 à l'occasion de la sortie de "Des nouvelles du bon Dieu" de Didier le Pêcheur - elle joue dans une trentaine de longs-métrages, parfois à un rythme soutenu (elle est sept fois à l'affiche entre 1995 et 1996).Elle cotoie son père dans "La terrasse", d'Ettore Scola (1980), figure au générique de deux films de Claude Chabrol "une affaire de femmes" en 1988 et "Betty" en 1992. Alain Corneau fait appel à elle dans "Le cousin" en 1997 et "Le prince du pacifique" en 2000, de même que Jacques Doillon ("Ponette", et Elie Chouraqui ("Les marmottes", 1993, "Harrison's flowers", 2000).Eclectique, Marie Trintignant joue aussi plusieurs pièces de théâtre, tourne pour la télévision ou encore prête sa voix à des spots publicitaires.

En 1984, elle déclarait: "Télévision et cinéma, c'est le même métier". Attirée par les figures féministes, elle incarne une militante de l'avortement dans "Victoire ou la douleur des femmes" en 1999. Mère de quatre fils, Marie Trintignant a été un temps la compagne du comédien François Cluzet.