Cinéma

Sophie Marceau a-t-elle permis à Pierre Richard de réaliser son rêve d’acteur : incarner une femme, se la jouer en Tootsie ou Mrs Doubtfire ? En tout cas, il s’en donne à cœur joie en Mme Mills. Il en fait tellement en grande blonde (avec un escarpin noir ?) que son rêve devient notre cauchemar. On l’aime tant Pierre Richard mais là, on souffre de le voir aussi médiocre et pathétique.

N’écoutant que son courage et son élégance à l’égard des vieilles personnes, Sophie Marceau s’attache dès lors à détourner l’attention de ce bien triste spectacle en jouant encore plus mal que lui. Sophie Marceau incarne ici Sophie Marceau, en jolie patronne d’une maison d’édition d’ouvrages à l’eau de rose en pleines turbulences financières. Ce rôle de Sophie Marceau qu’elle peaufine depuis des décennies - l’autre étant couverture de Paris Match - hé bien, curieusement, elle n’y arrive pas. Un film sans, probablement. Ou alors, c’est un concept. Comme elle est aussi réalisatrice, elle a peut-être donné comme consigne à ses acteurs : tout le monde joue comme Gerard Butler.

Actrice, réalisatrice, Sophie Marceau est également - autant vous prévenir -, la scénariste de "Mme Mills". Son idée générale était un peu celle du "Magnifique" de Philippe de Broca où Belmondo était un romancier se projetant dans les aventures rocambolesques qu’il était en train d’écrire. Ainsi, tour à tour, Sophie est une danseuse étoile, la Bonnie de Clyde, une Chinoise vénéneuse et même Sophie Marceau en héroïne d’un roman Harlequin, c’est son côté pirandellien. Tout cela est très épuisant, trop épuisant probablement car, à mi-parcours, elle plante le scénario, se disant sans doute que le grand n’importe quoi a son charme. En un mot emprunté à Michèle Laroque : brillantissime.


© IPM
Réalisation : Sophie Marceau. Scénario : Sophie Marceau, Laure Duthilleul. Avec Sophie Marceau, Pierre Richard, Nicolas Vaude… 1h 28