Cinéma

Dans un hypermarché, les Prioux, bourgeois nantis, sont harcelés par un homme au sabir incompréhensible. De retour chez eux, ils découvrent que l’inconnu a investi les lieux. Monsieur Prioux n’en touche pas une, Madame comprend entre les lignes le dialogue de sourd. Tout indique que Patrick - c’est son prénom - est leur fils. Sauf que les Prioux, autant qu’ils s’en souviennent, n’ont jamais eu d’enfant.

Christian Clavier et Catherine Frot ont remplacé comme têtes d’affiche bankables Muriel Robin et François Berléand, interprètes originaux des Prioux dans la pièce originale de Sébastien Thiéry - qui coréalise ce gentil vaudeville familial avec Vincent Lobelle, tout en reprenant le rôle de Patrick.

Si Frot est plus que crédible en bourgeoise glaciale, d’abord, tiraillée, ensuite, Clavier reste pareil à lui-même : grimaces, rictus et réparties assénées plutôt trois fois qu’une pour souligner le stress de son personnage qu’il confond, comme toujours, avec de l’excitation.

Ce que la première distille en émotion retenue, l’autre l’annihile avec sa frénésie narcissique. Autant placer une grosse caisse à côté d’un violon. Oui, on ergote, parce qu’une comédie sur deux sujets scabreux - la différence et la maternité/paternité - mérite qu’on ne confonde pas populaire et vulgaire, maux trop fréquents du cinéma français. Si le pire est évité, le meilleur est aussi manqué.


© IPM
Réalisation : Sébastien Thiéry, Vincent Lobelle. Avec Christian Clavier, Catherine Frot, Sébastien Thiéry… 1h25.