Cinéma Harry Cleven signe une fable au romantisme trop précieux.

Placée dans une institution psychiatrique après la disparition de son mari magicien pendant l’un de leurs numéros sur scène, Louise (Elina Löwensohn) accouche de "Mon ange". Particularité, il s’agit d’un bébé… invisible. Devenu enfant, ce dernier finit par quitter l’univers clos de cette chambre d’hôpital pour rejoindre une petite fille dans le jardin voisin. Coup de chance, Madeleine est la seule capable de "voir" Mon Ange ; elle est aveugle. Tous deux grandissent en jouant et en s’aimant passionnément…

Coécrit par Thomas Gunzig (comme "Le tout nouveau Testament"), "Mon ange" ressemble à une idée abandonnée en cours de route par Jaco Van Dormael. Lequel produit le film, tandis que sa fille Juliette, très prometteuse, en signe la photo. Avec cette fable naïve, on est très clairement dans l’univers pastel de "Toto le héros" ou du "Huitième jour". Sauf que tout ce qui peut parfois agacer chez Jaco est ici exacerbé.

Le film est signé Harry Cleven, acteur régulier chez Van Dormael. De retour à la réalisation au grand écran 12 ans après le film fantastique "Trouble" (et après deux téléfilms), le Liégeois n’a pas la finesse ni la malice dans le regard de Jaco. En découle une œuvre très affectée, d’une préciosité et d’un premier degré tels qu’ils confinent à la niaiserie…

A l’écran, la Roumaine Elina Löwensohn (vue chez Spielberg ou Hal Hartley) et la jolie Fleur Geffrier (qui joue Madeleine à l’âge adulte) sont plutôt convaincantes. Mais l’omniprésente voix off est tout bonnement insupportable, susurrant des platitudes sur l’amour tout droit sorties du journal intime d’un adolescent romantique…


© IPM
Réalisation : Harry Cleven. Scénario : Harry Cleven & Thomas Gunzig. Photographie : Juliette Van Dormael. Musique : George Alexander van Dam. Montage : Matyas Veress. Avec Fleur Geffrier, Elina Löwensohn Hannah Boudreau, Maya Dory… 1h20.