Natacha fait son cinéma, et...

fernand denis Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Le cinéma belge vit une période exceptionnelle. D'autant plus que chaque année apporte ses révélations et ses confirmations. On peut facilement louper un événement, un nouveau talent; aussi, depuis 2005, à l'heure des rétrospectives, l'équipe d' "Un soir... un grain" organise un best of de l'année écoulée. L'initiative est récente mais chaque année la formule évolue, se perfectionne. Et cette nouvelle édition s'annonce très séduisante grâce à son invitée d'honneur, Natacha Régnier. La formule n'a rien d'honorifique. Natacha ne viendra pas que faire un petit coucou mercredi soir et puis bonsoir. Pas du tout, elle sera là tous les soirs et profitera de l'occasion pour dévoiler l'étendue de ses talents. Cinématographiques, bien sûr. Mais aussi théâtraux et encore musicaux.

Touche-à-tout

C'est qu'elle est désormais une vraie touche-à-tout. "J 'ai découvert la scène en 2001 avec la chanson, en accompagnant Yann Tiersen en tournée. J'ai adoré, mais je ne pouvais pas faire grand-chose, alors, j'ai travaillé ma voix." Cette voix de chanteuse, on pourra la découvrir, en concert avec Jeanne Cherhal (le 28).

"Et cela m'a aussi donné l'envie de faire du théâtre." A près avoir été "cassée" par un prof, Natacha Régnier a mis du temps pour surmonter sa peur des planches. Elle était attendue la saison dernière au théâtre Edouard VII à Paris avec Jacques Weber à l'affiche de "Vieux juif blonde", la nouvelle pièce d'Amanda Sthers. Mais, à quelques jours de la première, un différent violent a opposé l'auteur au metteur en scène. "Soit je partais, soit j'acceptais une autre mise en scène en 48 h. J'ai refusé. Ce fut un rendez-vous manqué mais, quelque part, il m'a donné l'envie de ces lectures, d'une petite structure légère. Avec Guillaume Bounnaud, on va présenter "Neige" de Maxence Fermine (le 27). On a déjà proposé d'autres textes à Paris; notamment la correspondance entre Ingrid Bergman et Roberto Rosselini. J'aimerais qu'on nous fasse tourner, je vois cela comme des moments d'air frais entre les films."

Si le théâtre, la scène, la chanson l'attirent, Natacha reste d'abord une comédienne de cinéma. "Le cinéma c'est l'immédiateté. Il y a une énorme préparation en amont. Et puis, il y a une prise, deux prises, trois prises, pour lesquelles il faut être très concentré. On n'a que ce moment-là pour exprimer quelque chose de très précis, sinon, c'est foutu; alors que sur scène, on construit. J'ai l'impression qu'au cinéma, on est obligé de vivre le sentiment et que la caméra vient le chercher à l'intérieur. Alors que pour la chanson, le théâtre, on est obligé de construire le sentiment, de le dominer pour le proposer en plus grand, pour le projeter."

Quelle image ?

Bruxelloise d'origine, Natacha Régnier doit sa percée au cinéaste français Erick Zonca et sa "Vie rêvée des anges" qui en a fait la révélation du festival de Cannes 98. Installée à Paris, elle entretient toutefois des rapports étroits avec le cinéma belge. "Forcément, j'adore le cinéma belge. Je trouve formidable qu'on organise un festival de cinéma autour de lui. J'ai tourné trois films belges jusqu'à présent. On a la chance de vivre une incroyable profusion de talents. Artistiquement, il y a des mouvements très forts en Belgique, dans la mode, la danse, la musique, le cinéma. En même temps, les Belges sont très bien intégrés dans le cinéma français. Ce qui nous distingue, c'est peut-être une plus grande fantaisie, une légèreté. On n'est pas lesté par le poids culturel de la France. Et on n'a pas peur de travailler, dans le sens où on ne craint pas les rôles de composition. On est moins préoccupé par une image."

Justement, celle de Natacha est plutôt "comédienne pour auteurs pointus". Est-elle responsable de cette impression ou est-ce malgré elle que réalisateurs et spectateurs la regardent comme cela ?

"Je suis coresponsable, admet Natacha Régnier. C'est un mélange des deux. Pourtant, j'ai fait du burlesque avec Akerman, un film d'horreur avec Harry Cleven, un thriller avec Lucas Belvaux, mais l'énergie que je dégageais avec "La Vie rêvée des anges" est restée la plus forte. On m'a proposé des films plus populaires, mais soit ils ne sont pas faits, soit je les ai refusés car ce qu'ils véhiculaient ne m'intéressait pas. J'ai envie de continuer dans ce cinéma que j'aime mais cela me plairait aussi de tourner un film d'action, une comédie ou une épopée sentimentale. Mais c'est devenu très difficile de passer du cinéma d'auteur au cinéma populaire."

Quel regard porte-t-elle sur ces dix ans sur l'écran ? "Quand c'est arrivé à Cannes, j'ai eu peur de l'effet "feu de paille". Aujourd'hui, je suis rassurée, je suis toujours là, donc je suis beaucoup plus sereine par rapport au métier. Je me sens solide et encore à l'aube de plein de choses car il m'en reste encore beaucoup à proposer. Je trouve que le temps passe très très vite. Dix ans, j'ai l'impression, que c'était hier."

fernand denis

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