Cinéma

Il y a 10 ans, le jeune Sami Benboudaoud (Samy Seghir) était contraint de quitter sa cité HLM de Chalon-sur-Saône pour aller vivre à Neuilly, chez sa tante Djamila (Rachida Brakni, dont le rôle est ici repris par Sophia Aram) et son oncle Stanislas de Chazelle (Denis Podalydès), où il était rapidement pris en grippe par son cousin Charles (l’acteur belge Jérémy Denisty). Aujourd’hui, la situation est inversée… Suite à un scandale sanitaire, la société de Stanislas de Chazelle Porc Ever est placée sous contrôle judiciaire. La famille est donc contrainte de quitter sa villa de Neuilly pour aller se planquer dans le petit appartement de Sami, juste de l’autre côté de la Seine… à Nanterre.


A priori convenue, cette suite de "Neuilly sa mère" ne se casse pas la tête côté scénario, poursuivant sa variation sur le thème "La vie est un long fleuve tranquille", confrontant non seulement riches et pauvres mais aussi cultures et religions différentes. Djamel Bensalah (qui coréalise cette fois avec Gabriel Julien-Laferrière) compense ce manque d’originalité par un regard acéré sur la France d’Emmanuel Macron. Avec son humour potache assumé, "Neuilly sa mère, sa mère !" s’amuse en effet de la politique française de façon assez irrésistible par moments. Mais on se délecte surtout de savoureux caméos, avec Arnaud Montebourg en prof de Sciences Po et apiculteur à ses heures, Gérard Miller en psychiatre diagnostiquant une "Sarkozyte aiguë" au jeune de Chazelle, Me Eric Dupont-Moretti en avocat pleutre ou Charline Vanhoenacker en juge d’instruction gauchiste. Par Jupiter, qu’est-ce qu’on rigole avec la politique en France !

Réalisation : Gabriel Julien-Laferrière&Djamel Bensalah. Scénario : Marc de Chauveron & Djamel Bensalah. Avec Jérémy Denisty, Samy Seghir, Sophie Aram, Denis Podalydès… 1 h 30.