Cinéma

Mésaventures de la voix sur La Deux

Le premier plan d'«Un peu de fièvre» nous fait découvrir un archet qui glisse sur les cordes d'un violoncelle. Nous entendons le largo de la cinquième Sonate pour violoncelle d'Antonio Vivaldi. Le plan s'élargissant, nous découvrons Alexandre, instrumentiste, travaillant la partition du concours qu'il passe le lendemain au Conservatoire. Son professeur s'écrie sèchement: « A aucun moment je n'ai entendu de la musique d'un instrument que vous avez choisi lorsque vous avez perdu votre voix!» Flash-back qui nous fait découvrir Alexandre à 13 ans, chantant en soliste l'Agnus Dei de la Messe du couronnement de Mozart.

C'est le pivot de ce court métrage qui comble autant les oreilles que la vue. Comment retrouver la voix de son enfance qui s'est transformée lors de la mue de l'adolescence et dont l'instrument est un prolongement. Philippe Reypens, le réalisateur du film, rappelle non seulement que la musique chorale précède la musique instrumentale, mais aussi que seules les femmes conservent leur voix d'enfant.

Ce qui a conduit de brillants choristes comme Joseph Haydn ou François Couperin à se consacrer, pour conserver le plaisir musical, à la composition ou à l'instrumentation. C'est l'aventure que vit Alexandre et que vous pourrez découvrir, en soirée, le 28 avril sur La Deux/ RTBF dans l'émission «Tout Court» de Renaud Gilles. (J-M.V)

On peut aussi voir «Un peu de fièvre» sur DVD, où se trouve également «L'or des anges», un moyen métrage de de Philippe ReypensPour plus d'informations sur notre cinéma, consultez : www.cinergie.be

© La Libre Belgique 2004