Cinéma La semaine dernière, le film Ni juge, ni soumise, véritable succès en ce moment au cinéma, était visé par une action en justice. Une plaignante demandait en référé mercredi dernier le retrait immédiat du film dans les salles. Les avocats de la RTBF avaient répliqué par une requête de dessaisissement du tribunal bruxellois. De quoi suspendre la procédure un petit temps.

On a ensuite appris, en début de semaine, que la maison française de production avait finalement décidé de modifier la projection du film coupant tout simplement la scène visée par la plaignante. "Une mesure de précaution", nous a-t-on dit.

Un changement perçu comme une victoire par la plaignante qui, auprès de La DH, a exprimé les raisons qui la poussent à poursuivre son action et à attaquer désormais Ni juge, ni soumise en France. "Ce n’est pas du cinéma, c’est pire. C ‘est l’histoire de l’humanité : des capitalistes véreux qui se font de l’argent sur la misère sociale et intellectuelle des autres", commence celle qui se présente comme " Madame X, l’une des protagonistes du film". Elle explique ensuite, par écrit, que son passage devant la juge d’instruction date de 2013, et qu’il s’agissait là,"d’une première et d’une dernière".

"J’étais bien entendu apeurée et fortement impressionnée. Mais Mme la juge Gruwez, par son caractère atypique, a su me respecter en tant qu’individu et ainsi, m’a mise à l’aise. Je ne remets donc pas en cause son travail et sa façon de faire. Au contraire, j’ai été marquée par son humanisme et je suis ressortie en me disant que notre pays, la Belgique, est réellement un pays formidable : une juge d’instruction qui ne se contente pas de sanctionner, mais qui veut connaître le parcours et l’histoire de chacun ".

Et la plaignante de préciser qu’elle n’est pas en train de changer d’avis mais qu’elle n’a pas donné son accord pour " apparaître dans un film commercial à dimension mondiale ".

Aujourd’hui boulangère, ses activités du passé définitivement derrière elle, la plaignante se dit plus déterminée que jamais à aller jusqu’au bout de son action contre la production du film. Et son avocate, Me Batinde Loimba, d’ajouter que d’autres plaintes pourraient suivre de la part d’autres protagonistes du film.