Cinéma

Le démarrage est foudroyant. Tantine est invitée par sa nièce sur son lieu de travail. Soit, un café conceptuel où, habillée en soubrette, elle sert le thé selon un rituel à pouffer.

Elle a quelque chose à lui demander : reprendre les cours d’anglais qu’elle a déja payés - très cher - car elle a un urgent besoin d’argent. Pas très enthousiaste, Tantine consent de faire un essai. Concluant, tant elle est sous le charme des méthodes pédagogiques du beau professeur américain. Mais voilà, dès la leçon suivante, l’enseignant a disparu avec la… nièce. Et tantine de s’envoler pour L.A. accompagnée de sa sœur qu’elle ne peut pas piffer.

On se croit parti pour un voyage, plein d’humour et de comparaisons féroces entre sociétés japonaise et américaine, délivrées par une réalisatrice à l’œil formellement éblouissant.

Mais les sœurs rivales ont à peine atterri à Los Angeles, qu’on éprouve l’impression d’avoir changé de continent, bien sûr, mais aussi de film. L’humour ne passe plus, la recherche formelle est abandonnée, le récit se transforme en road movie où l’on s’ennuie en regardant le paysage. Et ne parlons pas de la fin, carrément plan-plan.

On en a vu des films au démarrage fulgurant qui ne tenaient pas la distance mais "Oh Lucy", c’est différent. C’est comme si la production avait débarqué la metteuse en scène, considérée comme trop déjantée, trop décalée pour la remplacer par une réalisatrice bien conventionnelle qui ne risque pas de sortir des rails.


© IPM
Réalisation, scénario : Atsuko Hirayanagi. Avec Shinobu Terajima, Shioli Kutsuna, Josh Hartnett… 1h35