Cinéma

6 juin 1944. Les Alliés sont sur le point de débarquer en Normandie lors de l’opération Overlord. Alors que les combats aériens font rage, une escouade de GI’s est parachutée près d’un petit village français. Sa mission ? Faire exploser une église, où est installé un système de brouillage des communications, qui empêche le bon déroulement du débarquement. Boyce, jeune soldat afro-américain, et quelques survivants tentent de mener à bien leur mission en compagnie d’une jeune résistante française. Mais ils comprennent rapidement que les nazis auxquels ils ont affaire ne sont pas comme les autres…

Au moment où ils s’apprêtent à sauter de l’avion, le sergent le dit d’emblée à ses hommes : on combat au nom du bien et des valeurs américaines, contre le mal absolu que représentent Hitler et le nazisme. Sauf que pour Julius Avery (et Bill Ray, qui a imaginé cette histoire totalement loufoque), la barbarie nazie n’est pas suffisante pour face à la toute-puissance bienveillante des Etats-Unis. Face aux super-gentils américains, il faut donc des super-nazis. Ce n’est pas la première fois que le contexte de la Seconde Guerre mondiale sert de fond historique aux comics (on se souvient du premier Captain America), mais c’est fait ici de façon si grossière que cela en devient totalement immoral.

Les scénaristes imaginent en effet une sorte de Docteur Mengele encore plus dérangé, se servant de cobayes humains pour mettre au point des soldats immortels dignes du Reich millénaire du Führer. Avec le risque, en contraste, de banaliser la réalité historique. Comme si la répression nazie, les camps de concentration, le génocide des Juifs et des Tziganes ne constituaient pas à eux seuls une horreur suffisante…

Côté mise en scène, ce n’est pas mieux. Auteur d’une série de courts métrages et de Son of a Gun en 2012, Julius Avery opte pour une esthétique sombre, noire, plus proche du film de super-héros que du film de guerre. Car c’est bien là le pire, tout le contexte historique n’est ici que prétexte à une esthétisation de la violence et de l’horreur, dans un film d’exploitation vulgaire, où le jeune cinéaste australien se prend pour Tarantino (sans le talent) et accumule le gore, l’hémoglobine, les explosions et les effets spéciaux numériques, rendant plus irréel encore le souvenir lointain de l’Histoire dans laquelle se situe ce stupide Overlord.


© IPM
Réalisation : Julius Avery. Scénario : Billy Ray&Mark L. Smith. Production : J.J. Abrams. Avec Jovan Adepo, Jacob Anderson, Dominic Applewhite, Pilou Asbaek… 1 h 49.