Cinéma Une animation au poil pour faire vivre le charmant petit monde de Beatrix Potter.

Après l’ours Paddington de Michael Bond qui a enchanté les spectateurs de cinéma, c’est au tour de Peter Rabbit, de Pierre Lapin, le héros de Beatrix Potter de faire le grand bond sur l’écran.

Il est à croquer ce Pierre Lapin alors qu’on le découvre en train de briefer ses trois sœurs et son cousin Jeannot pour la prochaine razzia dans le potager de Mr McGregor. L’opération légumes frais n’est pas sans risque, car l’acariâtre jardinier rêve de lui faire subir le même sort que son père : un plongeon dans la sauce moutarde à 60 degrés.

C’est la guerre entre ces deux-là et tous les coups sont permis. Heureusement que la voisine Bea veille au grain (de moutarde ?) pour éviter la casserole à ses lapins.

Le calme va-t-il enfin advenir et le potager sera-t-il libéré avec l’arrivée du nouveau propriétaire, le petit-neveu McGregor ? Rien n’est moins sûr, ce jeune Londonien est un maniaque de la propreté. Et ce n’est pas tout, il a l’air de plaire à Bea. Pierre Lapin va, désormais, devoir se battre sur deux fronts !

Un sacré lascar, ce Pierre Lapin. Il est fanfaron, ingénieux, jaloux, 100 % espiègle et résolument désobéissant. Dans la salle de cinéma, il y a des arsouilles qui ne devront guère faire d’efforts pour s’identifier totalement et vivre à fond des aventures en tous genres.

Car l’idée du réalisateur Will Gluck est de varier les plaisirs, pour les petits et aussi pour les grands, en proposant un long métrage multigenres. Il y a du film d’action, de la comédie romantique, de la comédie musicale, du burlesque, etc.

"Pierre Lapin" réussit le tour de force de remplir le cahier de charges du film familial de qualité, garanti sans vulgarité mais avec de la fantaisie et de l’invention, sans gnangnan mais une petite touche moralisatrice. Pour y arriver, Will Gluck et son scénariste n’ont pas craint de déménager Beatrix Potter. Pas géographiquement, elle reste dans son cher Lake District, mais temporellement, d’un siècle, jusqu’à notre époque. Elle est carrément ressuscitée sous la forme d’une artiste célibataire veillant sur ses lapinous.

Pari risqué, mais réussi grâce à cette multiplication des genres et surtout une animation au poil. Avec leurs petites vestes et leurs mimiques irrésistibles, Pierre et ses complices s’intègrent de façon pétillante et amusante à la réalité. Charming!


Réalisation : Will Gluck. Scénario : Will Gluck et Rob Lieber d’après l’œuvre de Beatrix Potter. Avec Rose Byrne, Domhnall Gleeson et les voix de Philippe Lacheau, Élodie Fontan… 1h35.

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