PleinOPENair: une réflexion sur la ville par les arts

C.M. (St.) Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Nuit noire sur le boulevard Pachéco. Une étrange mélopée s’élève de l’esplanade des bâtiments administratifs. La curiosité pousse à contourner l’imposante tour des finances. Une découverte: la dalle de béton surélevée abrite des jardins. Etonnant. Des guirlandes lumineuses passent d’arbres en arbres. Les lumières chaudes contrastent avec la froideur monumentale du lieu, réservé à l’administration et déserté à la nuit tombée. Des chaises pliantes ont été installées. Un saxophone, des rythmes électroniques. Une foule éparse commence à se rassembler. Un écran est arrimé à l’une des façades. Bientôt, des images de la Bruxelles des années 50 l’illuminent. Gary Cooper, en architecte moderniste, leur succède.

Le cinéma Nova et l’asbl City Mine (d) sont à l’origine de cette initiative multidisciplinaire et gratuite qui anime les étés bruxellois, d’août à septembre, depuis sept ans déjà. Le PleinOPENair mêle musique et cinéma alternatifs dans une réflexion sur la ville. Ainsi, en ce week-end d’ouverture, ce festival itinérant s’est installé à la Cité administrative. La volonté des organisateurs est de conscientiser les Bruxellois aux enjeux urbains. La dénonciation et la contestation planent. La tour des finances a été vendue par l’état belge à un promoteur qui la lui loue: en trois ans, il a déjà récupéré sa mise. Les autres bâtiments de la cité sont également mis en vente. Seuls témoins à Bruxelles de l’architecture moderniste des années 50, les immeubles de la Cité administrative sont aujourd’hui menacés de transformation par des promoteurs avides. Le PleinOPENair appelle à la mobilisation.

Les sites de prédilection de la manifestation étaient, à l’origine, des terrains vagues dont les potentialités étaient méconnues. Aujourd’hui, ce sont les quartiers où agissent les mécanismes de privatisation de l’espace public et la spéculation immobilière. Ainsi, vendredi et samedi prochain, le PleinOPENair s’installe dans la réserve du ’t Moeraske à Evere. Les films proposés sont insolites et ils dialoguent avec les lieux. “Le pays où rêvent les fourmis vertes” et “Otesanek”, conte tchèque satirique qui évoque la manipulation de la nature, y seront diffusés dans une ambiance conviviale où la discussion s’enclenche facilement.

Les rendez-vous suivants sont fixés dans le quartier du midi et à proximité des chantiers européens.

C.M. (St.)

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