Cinéma

Pour le réconfort" est un film carré - au propre : c’est le format de son image - mais qui manque de rondeur.

Vincent Macaigne, son réalisateur, on le connaît comme acteur (38 ans dont une quinzaine sur les planches et à l’écran). On apprécie son côté lunaire et échevelé, du garçon baloté par la vie - tel le Julien qu’il incarnait récemment dans "Le Sens de la Fête".

Au théâtre, il a mis en scène des pièces qui montent régulièrement dans les tours. Un peu comme les personnages de "Pour le réconfort", titre antinomique tant on n’en trouve point dans ce premier film.

Un frère et une sœur d’extraction aristocratique reviennent au pays se défaire du coûteux château familial. D’anciens amis d’école, devenus petits entrepreneurs, se proposent de racheter les terres. De ce fil ténu, cette très (très) libre adaptation de "La Ceriseraie" de Tchekov vire au règlement de comptes et à la rancœur de classe. "Ta putain de France s’est construite sur le dos de prolos comme moi" balance le nouveau riche au fils d’aristos.

Certains confrères hexagonaux ont voulu y voir un portrait de la France macroniste. "Pour le réconfort" caractérise plus généralement cette haine sociale, encore latente chez nos voisins.

De fait, le constat n’est pas faux ou inopportun. Mais, sans nuance ni modulation, ce flot de bile épuise : ça s’engueule, ça fait la gueule, ça se met sur la gueule, ça chie sur la gueule des pauvres comme sur celle des riches. Et après ? Rien. "Ta gueule". A côté, Trump est un Bisounours.

Mention aux comédiens : ils sont tellement convaincants qu’on a envie de leur coller des baffes et de leur dire de devenir adulte. 

© ipm

Réalisation : Vincent Macaigne. Avec Emmanuel Matte, Pascal Rénéric,… 1h31.