Cinéma Le réalisateur signe avec "Les beaux jours d’Aranjuez" un film empreint de nostalgie. Ce qui ne l’empêche pas de conserver un regard incisif sur les évolutions de son art. Entretien.

Présenté en Compétition à la Mostra de Venise en septembre 2016, "Les beaux jours d’Aranjuez", qui sort en salles ce mercredi, a été accueilli par des rires moqueurs. Il faut dire que cette adaptation d’une pièce de Peter Handke est un peu la caricature d’un cinéma d’avant-garde totalement… vieilli.

C’est un Wenders assombri par cet accueil glacial qui s’asseyait le lendemain face à une poignée de journalistes internationaux. Avec mélancolie, le cinéaste allemand se souvient de sa première sélection au festival de Venise. C’était en 1972 pour "L’angoisse du gardien de but au moment du penalty", déjà une adaptation de Peter Handke. A l’époque, personne n’était venu le chercher à l’aéroport, il était arrivé en retard à sa projection et avait dû aller faire sortir de prison son acteur, furieux et très alcoolisé au point de se bagarrer avec le barman de l’Excelsior. A l’époque, Wenders n’a donné aucune interview pour son second long métrage et pensait être passé totalement inaperçu. Jusqu’à ce que, quelques mois plus tard, il reçoive par la poste le Prix Fipresci de la critique internationale qui lancera sa carrière…