"Pride" : Les gays et les mineurs
"Pride" revient pourtant sur une époque qui était loin d'être rose. En 1984, les mineurs britanniques affrontaient l'inflexibilité de Margareth Thatcher. Une comédie "so british" sur un épisode oublié de la grève des mineurs anglais.
- Publié le 04-11-2014 à 16h25

Une comédie "so british" sur un épisode oublié de la grève des mineurs anglais.Sur l'affiche, Imelda Staunton, Bill Nighy, Dominic West, Paddy Considine et leurs partenaires sont tous souriants. "Pride" revient pourtant sur une époque qui était loin d'être rose. En 1984, les mineurs britanniques affrontaient l'inflexibilité de Margareth Thatcher. Pendant ce temps, la communauté homosexuelle défilait, au mieux, dans l'indifférence, au pire, sous menace de ratonnade. Partant du constat que leurs adversaires étaient les mêmes - Thatcher, la presse de droite et la police - Mark (Ben Schnetzer), jeune gay militant, décida d'organiser un comité de soutien gay et lesbien aux mineurs.
Comédie sociale pur jus (de sauce anglaise), "Pride" retrace à coups de bons mots, de chansons, d'humour et d'émotion rose fuschia les écueils de cette association contre-nature. Suivant une recette bien rodée, déjà à l'œuvre dans une kyrielle de productions similaires, de "Full Monthy" à "We Want Sex Equality" en passant par "Brassed Off" : le contexte politico-social reste toile de fond, l'essentiel étant de rendre attachante la galerie de personnages, chacun répondant à une logique dramatique, de la petite vieille pas si tolérante que ça au syndicaliste débonnaire en passant par la pie coincée et le jeune homme à déniaiser.
On ne boude pas son plaisir : la comédie est fraîche à défaut d'être originale. On se souvient au passage que l'épisode d'une alliance entre gays et syndicalistes était aussi présent dans la biographie d'Harvey Milk, le premier élu homosexuel américain.
Le rappel au final que les slogans politiques furent bannis de la Gay Pride consécutive aux événements - "ce doit être une fête" clame le porte-parole des organisateurs - est un amusant acte manqué : préférant le rire et la légèreté au slogan militant, "Pride" consacre la fin des idéologies au profit du divertissement. Dans le film, ce n'est d'ailleurs pas un grand discours qui brise la méfiance des mineurs à l'égard des homos mais une chorégraphie disco… Comme disent les flics à la fin : "Vous n'avez pas compris que vous avez perdu ?" Le happy end est en réalité un chant du cygne.
Et le Belge de se demander au passage si les LGBT feront cause commune le 6 novembrer avec la FGTB…
Réalisation : Matthew Warchus. Avec Ben Schnetzer, Dominic West, Andrew Scott,… 2h.
