Cinéma

L'Union des producteurs francophones de films (UPFF) est inquiète et en colère après une affaire de fraude avec le tax shelter, rapporte Le Soir mardi. 

Le mécanisme du tax shelter permet à des entreprises d'investir une partie de leurs bénéfices dans la production d'un film en échange d'une exonération fiscale. Début octobre, le même quotidien révélait que l'un des plus gros producteurs belges de cinéma, Nexus Factory, avait reconnu avoir eu recours à un faux en écriture dans le cadre du financement d'une série d'animation par le tax shelter.

Nexus et son intermédiaire tax shelter, Umedia, avaient levé trop d'argent par rapport aux dépenses belges réellement effectuées. Pour combler le "trou", l'un des dirigeants du producteur a utilisé la facture d'un autre film, ce qui n'a pas échappé à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les producteurs réagissent en colère: "Qu'un collègue franchisse la ligne rouge et qu'il soit puni pour cela, très bien. Mais il ne faudrait pas que les autres soient punis aussi. Dans nos 43 membres, il y a de petits producteurs qui font un film par an et qui sont fragiles. C'est le genre d'affaire qui peut leur faire très mal", notent Jean-Yves Roubin et Joseph Rouschop, les deux présidents de l'UPFF.

Ils se disent inquiets parce qu'ils craignent l'amalgame qui pourrait être fait. "Cette affaire pourrait effrayer les investisseurs vis-à-vis du secteur", regrettent-ils. "Paradoxalement, cette affaire devrait rassurer car elle prouve que les mécanismes de contrôle mis en place dans le cadre de la nouvelle loi tax shelter (2015) fonctionnent. Ces contrôles, désormais centralisés, efficaces et compétents, offrent plus de garanties et de sécurité aux investisseurs", assurent-ils.

Ils estiment que l'agrément de Nexus, obligatoire pour pouvoir faire appel au tax shelter, doit lui être retiré.