Cinéma Jean Dujardin et Yolande Moreau peinent à dynamiser le nouveau Delépine-Kervern.

Des piles de valises, des tas de vêtements, une montagne de casseroles, des colonnes de vieux ordinateurs, un amas de ferraille,… et un homme qui marche en peignoir et mules le long d’une autoroute. C’est Jacques (Jean Dujardin), autre rebut de la société, qui échoue dans la communauté Emmaüs des Pyrénées-Atlantique. Il ne se considère pas comme un exclu, mais comme le nouveau Messier du capitalisme, l’abbé Pierre des nouveaux Tapie. Sa grande idée (cherchée dans un garage, incubateur favori des milliardaires), il l’expose à sa sœur Monique (Yolande Moreau), coordinatrice de la communauté Emmaüs : rendre beaux les pauvres, sésame du succès.


Gustave Kervern et Benoît Delépine poursuivent leur tour satirique de la France des marges. Comme dans Le Grand Soir, la mécanique repose sur la confrontation d’une fratrie polarisée. Après le punk et le cadre, voici la bénévole et l’exploiteur. Le potentiel était prometteur dans une France en marche bancale. D’autant plus fort, aussi, avec deux comédiens antinomiques, bénéficiant de la sympathie du public.

Pourtant, à l’instar des rêves de Jacques, l’entreprise stagne. Les impros sentent le réchauffé, elles manquent de sel, comme la pauvre soupe que Monique repasse au micro-onde, puis au frigidaire - chaud et froid.

C’est trop gros, comme la portion super size qu’offre Jacques à sa sœur qui demandait du light. On écoute ses élucubrations d’une oreille, comme les artisans d’Emmaüs, qui ne font finalement que de la figu. Et comme dans l’histoire de Jacques, ce n’est qu’à la fin que surgit enfin cette humanité, cette empathie, cette magie qui firent le charme des précédents films des deux Grolandais.

Réalisation et scénario : Gustave Kervern et Benoît Delépine. Avec Jean Dujardin, Yolande Moreau,… 1h43.

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