Cinéma

Adapté de son roman homonyme par Giancarlo De Cataldo, juge auprès de la cour d'assises de Rome, «Romanzo criminale» retrace l'ascension d'une bande de petits truands du début des années 70 à la fin des années 80. Mais ce qui intéresse le réalisateur Michele Placido, comme il le rappelle dans un making of un peu classique, c'est avant tout les hommes qui se cachent derrière ces gangsters ultraviolents.

A la manière des jeunes héros de Pasolini -référence revendiquée-, le Libanais, le Froid ou le Dandy sont en effet conditionnés par leur enfance difficile, leur adolescence délinquante. Cette spirale infernale qui les mène à mettre la mainmise sur Rome est cependant replacée dans le contexte plus large de l'Italie d'après-guerre, celle des Brigades rouges, de l'assassinat d'Aldo Moro, de la fin de la Démocratie chrétienne. Cette perspective historique, avec en point de mire la disparition d'un monde suite à la chute du mur de Berlin, renforce la profondeur, la noirceur d'un polar dense à la réalisation maîtrisée et au casting impeccable, où se côtoient Kim Stuart Rossi (dont le superbe «Anche libero va bene» est sorti sur les écrans mercredi dernier), Stefano Accorsi ou encore Anna Mouglalis. (H.H.) (Cinéart)

© La Libre Belgique 2006