Cinéma

Animée par Manu Payet, la soirée des César a débuté peu après 21H00 par un hommage à l'actrice Jeanne Moreau, décédée en juillet à l'âge de 89 ans. Des extraits de films ont été projetés devant le gratin du cinéma français.

Le long-métrage du réalisateur Robin Campillo, "120 battements par minute", narrant l'activisme durant les années sida en France, a été sacré "Meilleur film" vendredi soir à Paris lors de la 43e cérémonie des César. Le film a confirmé son statut de favori, avec six trophées, aux côtés de la production "Au revoir là-haut" pour lequel Albert Dupontel a remporté le prix du "Meilleur réalisateur". Cette soirée de récompense du septième art français à Paris, préfigure la cérémonie des Oscars outre-Atlantique dimanche.

Le film "120 battements par minute", nominé dans 13 catégories, a remporté six trophées, dont le prestigieux prix du "Meilleur film" alors qu'il avait déjà été récompensé du Grand prix au festival de Cannes.


Le César de la meilleure actrice est attribué à Jeanne Balibar, dans Barbara.

Jeanne Balibar, qui a reçu vendredi le César de la meilleure actrice pour "Barbara", est une comédienne singulière, égérie depuis les années 90 d'un certain cinéma d'auteur.

"Une récompense comme celle-ci, c'est toujours en partenariat avec un très grand personnage. Merci Barbara!", a lancé Jeanne Balibar en recevant sa récompense pour ce rôle remarqué dans le vrai-faux biopic de la "dame en noir" réalisé par son ex-compagnon Mathieu Amalric.

C'est la cinquième fois que l'actrice à la voix grave et langoureuse et au phrasé particulier, également comédienne de théâtre et chanteuse, était nommée pour un César depuis 1997.

Le César de la meilleure réalisation attribué à Albert Dupontel pour "Au revoir là-haut"

Albert Dupontel a reçu vendredi soir le César de la meilleure réalisation pour son film "Au revoir là-haut", adaptation du Goncourt à succès de Pierre Lemaitre sur les aventures de deux poilus pendant et après la Premiere Guerre mondiale.

L'acteur et réalisateur n'est pas venu chercher son prix à la cérémonie et a fait savoir qu'il n'est "pas à l'aise avec les compétitions".


Le César du meilleur documentaire est attribué à I Am Not Your Negro, de Raoul Peck.

Meilleur film étranger pour la coproduction belge "Loveless" du Russe Andrey Zvyagintsev

Le réalisateur belge Stephan Streker, n'est pas reparti vendredi pas avec le César du "Meilleur film étranger" qui a été attribué toutefois à la coproduction belge "Loveless" (Faute d'amour) du Russe Andrey Zvyagintsev. "Loveless", traduit en français "Faute d'amour", a remporté le prix du "Meilleur film étranger" vendredi soir à Paris lors de la 43e cérémonie des César, par l'académie des arts et techniques du cinéma. Le film du Russe Andrey Zvyagintsev a été coproduit par Les Films du Fleuve, soit la société des frères Dardenne.


"Noces", du réalisateur belge Stephan Streker, était aussi retenu dans la catégorie, de même que "L'échange des princesses" du réalisateur franco-sénégalais Marc Dugain (coproduit par Scope, avec Olivier Gourmet à l'affiche). "Le Caire confidentiel" du Suédois Tarik Saleh, "Dunkerque" du cinéaste britanno-américain Christopher Nolan, "La La Land" de l'Américain Damien Chazelle et "The Square" du Suédois Ruben Östlund (Palme d'Or à Cannes) complètent la liste des nommés dans cette section.

Swann Arlaud, César du meilleur acteur pour "Petit paysan"

L'acteur Swann Arlaud a été récompensé vendredi par le César du meilleur acteur pour "Petit paysan", premier film d'Hubert Charuel qui dresse le portrait d'un éleveur laitier confronté à une épidémie.

Swann Arlaud, 36 ans, avait déjà été nommé une fois aux César il y a deux ans dans la catégorie meilleur espoir masculin pour son rôle dans "Les Anarchistes" d'Elie Wajeman, mais n'avait jamais été récompensé.

César: l'actrice Camélia Jordana meilleur espoir féminin

L'actrice et chanteuse Camélia Jordana a été récompensée vendredi soir par le César du meilleur espoir féminin pour son rôle d'étudiante préparant un concours d'éloquence dans "Le brio", face à un professeur réac joué par Daniel Auteuil.

"J'aimerais dire à toutes les Neila (le nom de son personnage) que quand on se donne les moyens et qu'on ne lâche pas, il se passe des trucs", a déclaré la jeune femme de 25 ans.


Révélée à 17 ans par le télé-crochet "La Nouvelle star" et un tube, "Non, non, non", Camélia Jordana connaît un début de carrière plus que prometteur au cinéma.

Dans "Le Brio", cinquième long métrage d'Yvan Attal et succès en salle (plus d'un million de spectateurs), elle est Neila Salah, étudiante en droit qui rencontre un professeur prompt aux remarques racistes, contraint de la préparer à un concours d'éloquence.

C'est son septième rôle au cinéma, où elle a commencé en 2013 dans "La Stratégie de la poussette" de Clément Michel, avant de jouer notamment dans "Bird People" de Pascale Ferran, "Je suis à vous tout de suite" de Baya Kasmi, "Nous trois ou rien" de Kheiron ou "Cherchez la femme" de Sou Abadi, une comédie sur le voile.

"J'ai toujours voulu jouer", avait expliqué à l'AFP en 2014 la chanteuse d'origine algérienne à la voix brisée, qui a grandi dans le Var. Elle a sorti deux albums depuis son passage dans "La Nouvelle Star", "Camélia Jordana" en 2010 et "Dans la peau" en 2014.

Camélia Jordana était en compétition avec des actrices comme Laetitia Dosch ("Jeune femme") et Garance Marillier ("Grave") dans la catégorie meilleur espoir féminin.

Cette catégorie "c'est comme le meilleur espoir masculin mais avec 30%, de salaire en moins", a plaisanté l'acteur Manu Payet, maître de cérémonie de la soirée placée sous le signe des femmes.

Antoine Reinartz, prix du meilleur second rôle masculin

Antoine Reinartz, de "120 battements par minute", a été récompensé du César du meilleur acteur dans un second rôle pour son incarnation de Thibault, le leader d'Act Up dans le film de Robin Campillo sur le combat de l'association Act Up.

"Ce prix c'est les jeunes de 20 ans qui ont vu leur rêve balayés. Ce prix, c'est celui de ces rêves écrasés, déchus mais aussi tout ce que vous en avez fait", a-t-il déclaré en recevant son César.


Il est le deuxième acteur de la fresque sur les années sida en France à être récompensé vendredi soir par un César, après l'Argentin Nahuel Perez Biscayart, sacré meilleur espoir masculin.

Antoine Reinartz est un habitué des planches auquel le cinéma commence à faire les yeux doux. Il sera à l'affiche du prochain film d'Olivier Assayas, "E-Book", aux côtés de Juliette Binoche, Vincent Macaigne et Guillaume Canet.

Né en 1985 dans la région de Nancy, Antoine Reinartz suit des cours de théâtre au lycée, et s'inscrit au Conservatoire de Nancy.

En 2014, il sort du Conservatoire national d'art dramatique de Paris et enchaîne les rôles au théâtre, comme avec la pièce "Les trois Mousquetaires".

Il passe aussi derrière la caméra en 2016 pour un court-métrage "For the record", sur la relation entre une photographe américaine et son sujet, une mère toxicomane et séropositive.

Le tout nouveau César du public pour Dany Boon

Le comédien et réalisateur Dany Boon, champion du box office avec ses comédies, a reçu vendredi soir le premier César de sa carrière, avec un tout nouveau prix du public créé pour récompenser le film ayant fait le plus d'entrées en salle.

"Je ne m'y attendais pas", a-t-il plaisanté. "Je ne vous remercie pas, vous... mais je vous aime quand même", a-t-il lancé en forme de boutade aux professionnels dans la salle. Il a ensuite remercié "le public français, qui aime tous les cinémas et grâce à qui nous sommes réunis".

Sorti début 2017, son film "Raid dingue" a attiré plus de 4,5 millions de spectateurs en France.

Le César du meilleur premier film attribué à "Petit paysan"

"Petit paysan" d'Hubert Charuel, film sur les angoisses du monde paysan à travers le portrait d'un éleveur confronté à une épidémie, a remporté vendredi le César du meilleur premier film.

"Je remercie l'Académie d'avoir récompensé un film de ploucs sur les ploucs, fait par un gros plouc", a lancé Hubert Charuel, 32 ans, fils d'agriculteurs, en recevant son prix à la Salle Pleyel à Paris.


"Je veux dire un mot pour tous les paysans et toutes les paysannes, dont je ferai toujours un peu partie. Etre seul et se sentir seul sont deux choses différentes. Seuls, vous ne l'êtes pas: votre histoire, vos vies intéressent, le succès du film en est la preuve. Alors s'il vous plaît, faites-vous entendre, il faut qu'on parle de vous, il faut qu'on parle de nous", a ajouté le cinéaste, dont le film a été tourné en grande partie dans l'exploitation familiale, à Droyes, en Haute-Marne.

Remarqué à la Semaine de la Critique à Cannes, "Petit paysan" a attiré plus de 500.000 spectateurs en salles et a été nommé huit fois aux César.

Le film raconte l'histoire de Pierre, interprété par Swann Arlaud, un éleveur qui voit son monde s'écrouler quand il découvre qu'une de ses vaches saigne dans le dos, symptôme d'une maladie qui fait penser à la vache folle ou la fièvre aphteuse.

Afin de ne pas perdre la trentaine de vaches de son troupeau, il supprime l'animal malade, cache la vérité aux autorités sanitaires et ment à sa soeur Pascale, vétérinaire, dont il est très proche, jouée par Sara Giraudeau.

Rapidement une question vient le hanter: et si d'autres bêtes étaient malades ? Et si tout le troupeau était contaminé ? L'étau se resserre autour de lui.

Puisant dans sa connaissance du monde paysan, Hubert Charuel, formé à la prestigieuse école de cinéma de la Fémis, montre avec précision les gestes du quotidien (traite, contrôle sanitaire) dans un élevage et la routine de ce métier, tout en injectant une bonne dose de suspense dans son film, qui s'oriente alors vers un thriller.

"Zombillenium" éclipsé par "Le Grand Méchant Renard et autres Contes..."

Le prix du meilleur film d'animation a échappé à la production belge "Zombillenium" au profit de la production française "Le Grand Méchant Renard et autres Contes..." à l'occasion de la 43e cérémonie des César vendredi soir à Paris. "Le Grand Méchant Renard et autres Contes..." de Benjamin Renner et Patrick Imbert (coproduit par Panique!) a été sacré sacrée meilleur long métrage d'animation.

Il était en lice avec avec "Sahara" de Pierre Coré et la production belge "Zombillenium", réalisé par Arthur de Pins et Alexis Ducord. Cette comédie familiale en 3D est une adaptation de la série de bandes dessinées du même nom, éditée par Dupuis.