Schwarzie is back dans un polar musclé et ambigu
- Publié le 05-05-2014 à 16h29

Depuis qu'il a ôté ses habits de "Governator", Arnold Schwarzenegger a repris ceux du héros des films d'action hollywoodiens ! Et on se demande si on ne le préférait pas en politique. Accent toujours à couper au couteau, jeu toujours aussi monolithique, Schwarzie apparaît dans "Sabotage", sans aucun second degré (à la différence des "Expandables"), comme une véritable caricature de lui-même ! Cigare au bec, il est "Breacher", copie conforme du colonel "Hannibal" Smith. Et comme lui, son "Agence tout risque" n'est pas totalement légale… A la tête d'un commando d'élite de la Drug Enforcement Administration, il a prévu, sous couvert d'une opération d'intervention musclée chez un baron de la drogue sud-américain, un véritable braquage. Avec ses protégés, il parvient à exfiltrer 10 millions de dollars. Sauf qu'au moment de récupérer le magot, celui-ci s'est envolé ! Et l'un après l'autre, les membres de son équipe se font massacrer…
Au scénario ou derrière la caméra, David Ayer a participé à la musculation du polar hollywoodien depuis une quinzaine d'années : "Fast and Furious", "Training Day", "Dark Blue", "S.W.A.T. unité d'élite", "Harsh Times" (son premier film en temps que réalisateur en 2003)… A nouveau, on retrouve dans "Sabotage" la description d'un corps de la police américaine miné par la corruption. Et comme toujours, les relents nauséabonds ne sont pas loin, le film n'hésitant jamais à rappeler combien la fin justifie les moyens quand il s'agit de mettre les méchants hors de nuire. Corrompus, soiffards, mus par l'adrénaline et le goût de la violence, les "héros" n'en sont pas moins, dans le même temps, présentés comme d'efficaces justiciers. Lesquels n'agissent pas au nom de la justice ou de la société mais pour des motivations toutes personnelles (Breacher cherche par exemple à venger le meurtre de sa femme). En filmant ces gros bras musclés, Ayer accouche d'un film d'action brutal et débilitant, malgré sa tentative d'apporter un peu de contenu et de profondeur au genre…H. H.
Réalisation : David Ayer. Scénario : Skip Woods & David Ayer.. Photographie : Bruce McCleery. Musique : David Sardy. Montage : Dody Dorn. Avec Arnold Schwarzenegger, Sam Worthington, Mireille Enos, Olivia Williams… 1 h 49.
