Cinéma

Pourquoi ce nouveau film avec Frédéric Fonteyne ?

C’est la pièce d’ensemble qui m’a plu. Une fois de plus, c’est un drame, mais il y a aussi de l’humour. C’est un drôle de machin, et c’est véritablement ce que j’aime dans les films de Frédéric. On ne peut pas le qualifier ou lui apposer une étiquette. On ne connaît le résultat qu’à la fin, car au-delà du scénario, Frédéric apporte son propre regard lors du tournage. Il aime capter des instants uniques. Ce qui fait qu’on ne sait jamais ce que ça va donner avant la fin. Il n’y a pas de noms pour qualifier ce qu’il fait. C’est une histoire d’amour entre une femme et deux hommes, une histoire familiale aussi, le tango au milieu de tout ça, auquel vient s’ajouter ce gardien. Il y a aussi des tournages en extérieur. Ce n’est pas confiné à la prison non plus. C’est pourquoi, c’est encore difficile à qualifier. Et moi, ça me plaît quand c’est étrange ou plus difficile à expliquer.

Vous tenez un rôle très différent que le doucereux “lui” dans “Une liaison pornographique”. Ici, vous êtes un homme passionné et impulsif. Contrairement à l’amant (Jan Hammenecker) qui est sombre. Quelles sont vos relations avec l’amant ?

Je suis le feu, il est l’eau. Aucun n’est dupe. Moi, je le sais, mais c’est ma femme, donc, quelque part, je ne veux pas le voir non plus. Je veux juste qu’il ferme sa gueule, et puis ne pas le voir, finalement, même si je le sais. Personne d’entre nous ne sait comment on en est arrivé là. Il y a plein de non-dits où, par amour, on accepte tout. On est tous amoureux de la même femme, et elle nous fait vraiment faire n’importe quoi. L’enfant, lui, nous donnera une belle leçon, et dénouera le nœud.

Vous jouez tant en France qu’en Belgique. Qu’est-ce qui vous attire dans le cinéma belge ?

Le cinéma est fait par des Belges, c’est ça qui change tout. Je trouve que c’est plus marrant. C’est une cinématographie plus petite que chez les Français. Je trouve que, même si les Belges disent le contraire, il y a quelque chose de "décomplexé", les films sont plus libres. Il y a des films nuls ou géniaux, mais on n’a pas peur de faire quelque chose d’étrange et de "décalé". Ça s’éloigne toujours des étiquettes et des catégories. Par exemple, on fait des comédies, mais ce n’est pas tout à fait des comédies, il y a de l’humour noir. Il y a une véritable réflexion autour du cinéma. Cette espèce d’autodérision est une bouffée d’oxygène cinématographique. Ne pas se prendre au sérieux permet de véritablement créer dans tous les sens. Depuis "Liaison pornographique", je suis revenu tourner une fois en Belgique pour "La régate", de Bernard Bellefroid, et à chaque fois, je retrouve un rapport sympa et authentique avec les gens. Pour un Catalan comme moi, c’est important.