Cinéma

"Faire semblant d’être nul, cela demande beaucoup de boulot, beaucoup d’énergie" explique le petit frère à sa grande sœur toute étonnée de le voir se débrouiller en maths comme un ministre des Finances.

C’est donc cela ! Farrugia bosse comme un dingue pour réaliser des films nuls. Et les années ne le calment pas, il s’est surpassé pour proposer un film encore plus nul que les précédents. "Sous le même toit" a demandé deux années de travail intensif, 7/7 jours - 24/24 heures, le niveau de nullité est à ce prix. Un jour peut-être, on le graduera, comme on le fait pour les tremblements de terre, sur une échelle de Farrugia. Le départ de Chabat, la dissolution des "Nuls" a vraiment aidé sa progression.

Comme le gamin du film auquel il s’identifie, Dominique Farrugia s’applique à nullifier tout ce qu’il touche. Prenons le scénario, c’est celui de "L’économie du couple" : ils divorcent mais ils n’ont pas les moyens de se séparer. Lafosse en avait tiré un drame. Farrugia s’emploie à le trousser en comédie. Platitudes, clichés, portes ouvertes, tous les moyens sont bons pour la rendre nulle. Idem pour ses acteurs. Il prend du premier choix pour le transformer en entrée de gamme. On le sent encourager Gilles Lellouche à surjouer, on l’entend lui dire : "Tu peux faire pire, on la refait." Quant à Louise Bourgoin, il réussit à la rendre moche et idiote, ce qui n’est pas à la portée du premier tâcheron. Sur le même thème, une simple comparaison avec "Papa ou maman" est assassine en termes d’originalité, de dialogues, d’interprétation, de rythme…


Réalisation : Dominique Farrugia. Scénario : Laurent Turner, Dominique Farrugia. Avec Gilles Lellouche, Louise Bourgoin, Manu Payet… 1h33.