«Spanish day» à Bruxelles

H.H. Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Un réveil sonne et tire Miguel de ses rêves. En retard, l'homme presse sa fille, la dépose en vitesse à l'école et file à Zaventem... Miguel, d'origine espagnole, travaille en effet comme livreur de billets pour son frère Juan, patron de l'agence de voyages Sol Travel. A bord de sa petite camionnette jaune, il parcourt Bruxelles. Mais il fait étrangement chaud en ce 12 janvier, ce qui laisse présager une journée pas comme les autres...Ça commence par l'arrivée inopinée de Sonia dans sa voiture, une jeune immigrée ukrainienne recherchée par la police pour s'être échappée d'un convoi qui l'emmenait gentiment vers l'avion du retour à Odessa... Bientôt rejoint par sa fille et sa mère, Miguel va conduire toute cette petite troupe à la recherche de Yevgeni, le mari de Sonia... L'occasion également pour lui d'ouvrir les yeux sur sa relation avec sa propre femme, chanteuse exilée à New York qu'il doit rejoindre dans un mois.

Sans forcer le trait, le jeune réalisateur Stéphane Vuillet aborde ainsi par transparence des thèmes délicats, ceux de l'immigration mais aussi de la séparation. L'idée du road movie, comme les petites touches d'humour absurde donnent en effet à ce premier long métrage un rythme enlevé et un parfum de légèreté qui permettent au jeune Français de dresser un portrait en demi-teintes de la Belgique.

«Welcome in Belgium!», s'exclame ainsi à l'adresse de son invitée surprise le personnage principal. Et le film d'enchaîner par une série de plans muets mettant en scène un Bruxelles où les différentes cultures se côtoient et s'entrecroisent. Mais la fraîcheur qui se dégage de ce «25° en hiver» enlève toute la lourdeur qu'aurait pu avoir un discours social plus appuyé. Au contraire, le film nous offre une vision plutôt optimiste de notre société, sans toutefois éviter quelques clichés...

Et la troupe de comédiens enthousiastes, emmenés par un irréprochable Jacques Gamblin, une Carmen Maura tout en décalage mais aussi une gamine épatante (Raphaëlle Molinier), distille un agréable moment d'une naïveté trop souvent laissée de côté.

© La Libre Belgique 2004

H.H.

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