Cinéma

Depuis une quinzaine d’années, tout un pan du cinéma d’animation européen s’ingénie à alimenter le marché avec des ersatz de productions à l’américain, sous-Pixar ou sous-DreamWorks qui cachent des scénarios interchangeables derrière une esthétique passe-partout. Le (jeune) public n’y voit souvent que du feu.

Mais la recette fonctionne suffisamment pour que certains rempilent. Le dessin animé espagnol "Tad et le secret du roi Midas" reprend ainsi les personnages de "Tad l’Explorateur". Cet ouvrier toqué d’archéologie, qui troque son casque de chantier pour le chapeau d’Indiana Jones, avait croisé la route de Sara Lavrof - oui, ça sonne un peu comme un anagramme de Lara Croft.

L’aventure les attend à nouveau. Ils sont cette fois sur les traces du légendaire roi Midas. Pour faire pénitence, celui-ci avait éparpillé aux quatre coins du monde le collier d’origine divine qui lui permettait de convertir toute matière en or. De quoi susciter la convoitise de quelque méchant digne d’un vieux James Bond.

Sur ce précepte convenu, les péripéties s’enchaînent, agrémentées des frasques de Momy la momie (inca, mais qui a trouvé le chemin de ses amis). Petite concession aux sources du film : les aventuriers font un détour par Grenade et l’Alhambra. Histoire de complaire jusqu’au bout aux plus mauvaises conventions du genre, les auteurs ne rechignent même pas à livrer des stéréotypes sur l’Espagne. Et sous prétexte de modernité - l’archéologue vedette est la fille - ils retombent derechef dans les clichés de genre - le héros sauveur est le mec - que l’industrie hollywoodienne elle-même relègue de plus en plus au placard. Avis aux animateurs en quête de la pierre philosophale : pour faire de l’or, un mauvais original vaudra toujours mieux qu’une pâle copie.

Réalisation : David Alonso, Enrique Gato. 1h25.

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