Cinéma

Jusqu’à la fin de ses jours, Tahar Rahim sera "Le prophète" de Jacques Audiard. Mais comme Audrey Tautou ne s’est pas laissée enfermer en Amélie Poulain, Tahar Rahim a su dessiner un parcours dont on distingue bien les deux lignes de force, sept ans après le film qui lui a valu deux Césars, du meilleur espoir et du meilleur acteur, simultanément.

Deux lignes de force

La première, ce jeune homme de 35 ans à l’œil pétillant et au sourire chaleureux ne s’est pas laissé piéger dans son rôle originel de délinquant. Il veut tout jouer, un chirurgien dans "Réparer les vivants" de Katell Quillévéré comme le père Noël dans la comédie charmante d’Alexandre Coffre.

La deuxième saute aux yeux au premier coup d’œil à sa filmographie : sa dimension internationale. Ainsi, son film de sortie cette semaine. "Le Secret de la chambre noire" est l’œuvre du fameux réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa. L’auteur de l’inoubliable "Shokuzaï" s’est fait une spécialité du film de fantômes nippons, bien différents de leurs cousins écossais. Et tourner en France n’y a rien changé.

Tahar Rahim incarne l’assistant d’un photographe (Olivier Gourmet) dont les clichés sont stupéfiants grâce à son appareil : un daguerréotype de taille humaine. Toutefois, celui-ci contraint le modèle - la fille du photographe - à des pauses immobiles dépassant l’heure. Elle en sort épuisée, comme vidée de sa substance. Tahar Rahim éprouve-t-il parfois cette sensation après une longue exposition devant la caméra ?

Japonais, australien, iranien, belge

(...)