Cinéma

Encensé lors de la cérémonie des Goyas 2017, "The Bookshop" a pourtant déçu jusqu’à l’incompréhension lors de sa présentation hors Compétition à la dernière Berlinale. Car on n’en revient pas que cette production fleurant l’euro-pudding a décroché les prix du meilleur film espagnol et de la mise en scène !

Découverte avec de films indépendants bien sentis, comme "Des choses que je ne t’ai jamais dites" en 1996 ou l’émouvant "Ma vie sans moi" avec Sarah Polley en 2003, Isabel Coixet a enchaîné avec des films plus maladroits. ("The Secret Life of Words", 2005, ou "Personne n’attend la nuit", en 2015). Avec "The Bookshop", adapté du best-seller anglais, elle semble perdue pour la cause…

On y suit une jeune femme, Florence Green (Emily Mortimer), qui s’installe à Hardborough, village paisible, pour y ouvrir une librairie. Ce qui a l’heur de déplaire à la richissime Violet Gamart (Patricia Clarckson), décidée à lui mettre des bâtons dans les roues. La jeune femme pourra cependant compter sur l’appui d’Edmund Brundish (Bill Nighy), veuf mystérieux passionné de lecture…

"The Bookshop" tire vers la tragédie un banal conflit de voisinage, dont on ne saisit pas les tenants et les aboutissements. Difficile en effet de comprendre la haine de la vielle acariâtre à l’encontre de la pauvre héroïne. Coixet verse dans le ridicule le plus complet, avec un film ultra-convenu, empli de clichés et de bons sentiments. Les acteurs semblent eux-mêmes ne pas y croire, cabotinant à qui mieux mieux…

Scénario&réalisation : Isabel Coixet. Avec Emily Mortimer, Bill Nighy, James Lance, Patricia Clarkson… 1 h 50.

© IPM