Cinéma Un thriller danois situé entièrement dans un centre d’appel du 112.

Agent de la police de Copenhague, Asger Holm est assigné au centre d’appel du 112. Demain, il doit en effet passer devant un tribunal policier, suite à une intervention ayant mal tourné. En attendant son jugement, le bonhomme a été écarté du terrain, cantonné à un travail de bureau routinier qui l’ennuie au plus au point et dans lequel il se sent rabaissé. Pourtant, quand il reçoit l’appel d’Iben, une jeune femme qui prétend avoir été kidnappée, son instinct de policier reprend le dessus. Face à son écran, son casque sur les oreilles, il va tout faire pour tenter de sauver Iben, dont le sort réside entre ses mains…


Premier long métrage du Danois Gustav Möller, "The Guilty" est un véritable tour de force. Le jeune cinéaste s’est en effet imposé des contraintes strictes : unité de lieu (tout se passe dans le dispatching de la police), d’action et de temps (le récit se déroulant quasi en temps réel, sans aucun flash-back). L’action proprement dite (course-poursuite sur l’autoroute, intervention des policiers au domicile de la victime…) est rejetée hors-champs. Tout ne passe dès lors ici que par le son, celui des multiples conversations téléphoniques qui se succèdent pour le policier, avec ses collègues, la victime, son ravisseur… Möller relève parfaitement ce défi, livrant un thriller en huis clos particulièrement tenu et palpitant, qui fait le choix de faire entièrement confiance à l’imagination du spectateur.

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Pour que cela fonctionne, il fallait évidemment apporter un peu de profondeur au personnage principal, à travers un arc narratif personnel parfois un peu convenu, mais qui vient expliquer l’empressement du flic à venir en aide à cette femme perdue. "The Guilty" aborde en effet de façon détournée mais très intelligente la question de la culpabilité que ressent ce flic, sans que l’on sache exactement pourquoi dans un premier temps… Laquelle fait évidemment écho à celle des protagonistes de la sordide affaire qu’il tente de démêler derrière son ordinateur et son téléphone.

Vu notamment dans "Submarino" de Thomas Vinterberg mais aussi dans la série à succès "Meurtres à Sandhamn", Jakob Cedergren tient entièrement le film sur ses épaules. Et l’acteur est plutôt impressionnant. Toujours à l’écran, il fait passer toute la tension du film sur son visage et dans les intonations de sa voix. Un défi que l’acteur, lui aussi, relève haut la main !

Réalisation : Gustav Möller. Scénario : Emil Nygaard Albertsen & Gustav Möller. Photographie : Jasper Spanning. Musique : Carl Coleman Caspar Hesselager. Avec Jakob Cedergren, Jessica Dinnage, Omar Shargawi… 1 h 25.

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