Cinéma

"The Last Face", c’est de la daube de compétition. De la daube de tapis rouge. De la daube de Cannes. Question pognon, distribution, prétention; on vise le niveau BHL, "Le jour et la nuit", la référence absolue.

"La violence de la guerre n’est comparable qu’à la brutalité des rapports entre un homme et une femme qui s’aiment d’un amour impossible." Voilà, énoncé en prologue, le programme de ce mélodrame… Harlequin qui exalte les peines de cœur de deux médecins humanitaires - mais glamour - sur fond de décors exotiques africains, genre guerre au Soudan du Sud.

Car "The Last Face" n’est pas qu’un mauvais film, c’est un film répugnant. Sean Penn est toujours amoureux de son ex, la belle Charlize. On le voit bien, il la filme comme une créature irréelle et tente de lui expliquer son point de vue à travers le personnage de Javier Bardem, un héroïque médecin du monde. Mais tourner la guerre au Liberia comme une pub Dior, c’est dégueulasse. Filmer des massacres d’enfants en Sierra Leone pour faire monter l’adrénaline, c’est odieux. Mettre dans la bouche de Charlize Theron des répliques du calibre de "Ce n’est pas parce que tu as été à l’intérieur de moi que tu me connais", c’est goujat. Et tartiner tout cela au Hans Zimmer, c’est trop.

Le réalisateur de "The Indian Runner" et de "Crossing Guard", l’acteur de "Dead man walking" et de "Harvey Milk", impose le respect mais pareil film invite à s’interroger sur l’homme, qui pareil à BHL, instrumentalise le terrain humanitaire pour son autopromotion.


Réalisation : Sean Penn. Scénario : Erin Dignam. Avec Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos… 2h12.