Cinéma

Les rêves sont les semences de l’action aiment dire Donald Crowhurst à ses enfants. Deux garçons et une fillette qui le mangent des yeux, depuis qu’il s’est mis en tête de participer au tour du monde sans escale, la course organisée par le Sunday Times.

Donald est un marin du dimanche qui emmène sa petite famille caboter avec son petit voilier. Il n’a même jamais traversé la Manche. Mais le récit d’un illustre navigateur racontant son tour du monde fut la petite graine qui a fait germer son rêve d’exploits hors du commun et de notoriété bien nécessaire pour relancer sa petite entreprise.

Mais quand il prend corps, un rêve vient fatalement se fracasser contre la réalité. Donald Crowhurst pense que le plus dur est fait lorsqu’il est parvenu à convaincre sa femme de lui laisser tenter l’aventure. D’autant qu’il s’est trouvé un attaché de presse et des sponsors pour financer son projet fou. Son problème, c’est qu’il se rend compte qu’on ne s’improvise pas marin solitaire, ni concepteur de bateau. Il a lancé le mouvement tellement fort, qu’il n’y a plus de machine arrière sans être ruiné, car il a pris tous les risques. Peut-il compter sur la chance du débutant alors que son bateau n’est pas terminé ?

Thor Heyerdahl et son "Kon-Tiki", "L’aventure de Pi" selon Ang Lee, Cluzet faisant la course "en solitaire" ou Redford seul sur voilier "All is lost"; on en a vu des films avec un homme seul dans un bateau. C’est toujours un défi, pour le chef op’ et pour le scénariste.

Cette histoire vraie qui s’est déroulée à la fin des années 60 semble effrayer son réalisateur. On se dit qu’il peut compter sur Colin Firth, mais justement, est-il le comédien le plus adéquat pour le rôle ? Le cinéma lui-même est-il le média le plus adéquat pour raconter au plus intense, la tumultueuse tempête intérieure que cet homme doit affronter.


© IPM
Réalisation : James Marsh. Avec Colin Firth, Rachel Weisz… 1h42