Cinéma L’icône du jeu vidéo fait son préquel dans la peau d’Alicia Vikander.

Pour vraiment apprécier ce film, il est capital de bien répondre à cette question : une femme et un homme se tiennent en joue, l’une est armée d’un arc et l’autre tient un fusil-mitrailleur, qui va remporter le duel ? La flèche ou la balle ?

Si vous avez répondu la balle ! Aïe. Sachez qu’il vous sera problématique de prendre un peu de plaisir à cette série B à 100 millions de dollars. C’est qu’un taux élevé de naïveté est exigé pour palpiter aux aventures de Lara Croft, l’héroïne du jeu vidéo iconique des nineties.

Alicia Vikander, merveilleuse actrice suédoise à l’extraordinaire potentiel - "Testament of Youth"/ "Ex-Machina"/"The Danish Girl" -, s’encanaille dans ce blockbuster pour reprendre ce personnage auquel Angelina Jolie avait prêté son physique au début du siècle.

Voilà sept ans que le père de Lara Croft a disparu. On le croit mort depuis qu’il s’est mis en tête de retrouver la tombe de la terrible reine nipponne Himiko, illustre pour le fleuve de sang qui la suivait dans tous ses déplacements. Celui qui exhumera son cercueil aura dans les mains un moyen de soumettre le monde à son bon vouloir. Lara décide de mettre le cap sur l’île japonaise, dernière destination connue de son paternel. Durant près de deux heures, elle va déguster sans connaître une seule minute de repos pour profiter du paysage sauvage. Au-delà de douze ans, le spectateur a toujours deux scènes d’avance, des scènes qu’il a déjà vues et revues dans "Les aventuriers de l’arche perdue" et d’autres imitations du genre.

Ce "Tomb Raider" est un préquel - c’est tendance - rigoureusement sans surprise, sans humour, sans poésie vintage. Mais cela change tout de même de voir une superwoman dans un rôle habituellement dévolu aux machos à gros seins, type Stallone ou The Rock. Faut-il y voir une nouvelle conquête féministe ? Probablement, si l’on considère le public cible des préadolescents, cela ne fait jamais de mal de pulvériser quelques clichés.

Dans cette perspective, on pourra considérer comme une avancée sociétale, ce produit hybride qui tient tout à la fois du film, du parc d’aventures et de la lasagne : une couche du jeu vidéo originel et une couche d’effets spéciaux, une couche de Da Vinci Code et une couche d’effets spéciaux, une couche de Super Mario et une couche d’effets spéciaux.


© IPM
Réalisation : Roar Uthaug. Scénario :. Avec Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Kristin Scott-Thomas… 1h 58