Cinéma

Il ment comme il respire, c’est plus fort que lui. Il drague comme il respire, c’est plus fort que lui aussi. Ce sont les deux poumons de Jocelyn. Son meilleur pote, un médecin, a beau lui dire qu’il risque la pneumonie, il s’en fout comme de son dernier string. Le toubib n’a pas saisi sa motivation : le défi.

Dernier exemple en date. Jocelyn fait du rangement dans l’appart de sa mère qui vient de décéder. Il est assis sur un fauteuil roulant quand il est surpris par l’arrivée de la voisine. Un nouveau défi surgit : comment se faire cette jeune blonde qui vient de le prendre pour un paraplégique ?

Dans l’état de la comédie française actuelle, "Tout le monde debout" n’est pas ce qu’on a vu de pire. Il y a un pitch. Il y a un sujet, abordé en surface mais quelques vannes font mouche sur le regard porté sur les handicapés. Il y a aussi un scénario avec un coup de théâtre lucide. Dommage que ce réalisme ne soit pas de rigueur tout au long car il aurait été une source de gags. Trop de problèmes concrets sont évacués comme par enchantement notamment dans ce dîner "Titanic" du meilleur effet.

Le problème du film, c’est Franck Dubosc. Il est acteur et réalisateur et il s’aime beaucoup. Il s’aime en gros plan, en plan moyen, en mouvement. Il s’aime de derrière et de profil, en smoking ou torse nu, en jogging ou en Porsche. Il s’aime trop Franck Dubosc. Ce n’est plus un écran c’est un miroir ou il s’admire dans de longs plans inutiles.

Il s’est pourtant donné le mauvais rôle, répliqueront certains. Certes, il se présente comme le Harvey Weinstein du footing. Mais il est beau, il est drôle (faut pas avoir envie de se pincer le nez à chaque vulgarité) et il a un cœur sous son training de Casanova 2.0. pour tomber amoureux d’une paraplégique. On notera qu’elle est soliste d’un orchestre symphonique, championne de tennis et affiche le sourire généreux d’Alexandra Lamy.


© IPM
Réalisation, scénario : Franck Dubosc. Avec F.Dubosc, A. Lamy... 1h47