Cinéma

Depuis mercredi dans les salles belges, le film "Weldi", coproduit par la société des frères Dardenne, concourt aux Journées cinématographiques de Carthage où il est projeté à guichets fermés, a constaté l'agence Belga à Tunis. La 29e session des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) se déroule depuis samedi, jusqu'au 10 novembre, au cœur de la capitale tunisienne. Parmi les coproductions belges en lice figure la fiction "Weldi", en arabe, traduite "Mon cher enfant" en français.

Ce deuxième long-métrage de Mohamed Ben Attia conte le drame d'un ouvrier, père d'une famille tout à fait classique, qui voit son fils de 19 ans s'évaporer en Syrie.

Révélée en mai lors de la dernière Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, l'œuvre a été sélectionnée au Festival international du film francophone (FIFF) à Namur avant d'obtenir en octobre le Grand Prix du Festival du film méditerranéen (Arte Mare) à Bastia. Depuis, des contrats de distribution ont été signés avec, entre autres, la Chine et le Brésil.

A l'instar de son confrère Mahmoud Ben Mahmoud qui a réalisé "Fatwa", l'autre film des JCC coproduit par les frères Dardenne, Mohamed Ben Attia traite du délicat sujet du fanatisme religieux, mais sous un angle singulièrement différent.

"Les personnes plongées là-dedans nous ont fait fantasmer, alors que ce sont finalement des familles qui ressemblent aux nôtres", explique le jeune réalisateur. "Le phénomène nous échappe complètement, c'est une évidence, nous ne parvenons pas à en saisir les tenants et aboutissants. Je crois notamment que le chômage ou la pauvreté ne sont pas les seuls facteurs qui peuvent conduire à de tels drames. Il existe aussi la misère affective, la misère existentielle. Dans mon film, il n'est en tout cas nulle part question de jugement."