Cinéma Catherine Corsini porte à l’écran le livre de Christine Angot.

Une bonne adaptation est, dit-on, une trahison. Et pour cause, le réalisateur se concentre sur une partie de l’ouvrage au détriment d’une autre, privilégie un angle, apporte un regard, impose sa vision de l’œuvre. Catherine Corsini a-t-elle réalisé une bonne adaptation du livre de Christine Angot, Un amour impossible ?

Ni une bonne, ni une mauvaise, car il s’agit moins d’une adaptation que d’une illustration. Le principe nous est imposé dès le départ. Une voix off prend le spectateur par la main pour lui raconter la séquence qui va suivre et ses enjeux. Les images illustrent, dès lors, les propos de l’auteur.

Certes, il existe de grands illustrateurs. Le génie de Roald Dahl n’est-il pas décuplé par Quentin Blake ? Mais la chroniqueuse de On n’est pas couché n’a rien d’un génie et Catherine Corsini ne se distingue pas par le style. D’ailleurs, le concept même du film se situe aux antipodes d’une ambition artistique puisqu’il s’agit de raconter de façon banale l’histoire de Christine Angot. Un amour impossible est l’ouvrage de synthèse de cette représentante très médiatisée de l’autofiction tant il reconstitue son parcours chronologique éparpillé dans d’autres livres, comme L’inceste.

Les révélations successives sont chargées de donner du relief à un récit atonal et documentaire. Cette dimension bute sur une reconstitution années 60 très téléfilm qui augmente encore la distance installée par la voix off qui dévitalise le jeu des comédiens. Notamment celui de Virginie Efira qui est de tous les plans, dans le rôle de la mère. Elle parvient néanmoins à capter l’attention, ce qui relève du tour de force.


© IPM
Réalisation : Catherine Corsini. Scénario : Catherine Corsini, Laurette Polmanss d’après l’œuvre de Christine Angot. Avec Virginie Efira, Niels Schneider, Jehnny Beth… 2h15.