Un Belge sur les traces de Pixar

Alain Lorfèvre et Patrick Van Campenhout Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Un long métrage d'animation belge, et en images de synthèse en plus? L'idée ferait sourire plus d'un. Mais pas Ben Stassen. Alors que «Les Indestructibles» de Pixar sont encore dans les mémoires et que «Madagascar» de DreamWorks carto(o)nne sur les écrans, ce producteur et réalisateur belge formé aux Etats-Unis démarrera en octobre prochain le tournage de la première oeuvre du genre en Belgique, «Flying to the Moon», l'histoire de trois mouches enfermées dans la capsule Apollo 11 lors du vol vers la Lune. «Il a fallu des singes pour voyager dans l'espace, il aura fallu des mouches pour revenir de la Lune...» résume Ben Stassen en guise d'accroche.

Leader mondial

L'entreprise, pour audacieuse qu'elle puisse paraître, n'est pas un pari d'amateur. En dix ans, Ben Stassen et sa société nWave Pictures se sont taillé une solide réputation sur le marché international des «rides», les films dynamiques pour parcs d'attractions, et des films Imax 3-D. Mieux: nWave est leader mondial du secteur (lire notre portrait dans «La Libre Entreprise»). Avec un catalogue de près de 40 productions en exploitation, «on estime que près de 200000 personnes voient chaque jour un film nWave», assure Ben Stassen.

Sa dernière production et réalisation est un film Imax 3-D en images réelles. «Wild Safari 3D» est une commande de l'Office du tourisme d'Afrique du Sud. «Je ne voulais pas réaliser un film publicitaire. Je leur ai donc proposé de montrer ce que les gens vont chercher là-bas: les safaris.» Lors du premier jour de repérage dans un parc national, Ben Stassen a la chance de voir un troupeau de lions se reposant au soleil. «Je me suis dit: il faut parvenir à transmettre au spectateur l'émotion que j'ai ressentie à ce moment-là.» Premier film du genre filmé en caméra stéréoscopique (qui permet de donner l'illusion tridimensionnelle lors de la projection), «Wild Life 3D» place le spectateur à l'arrière d'un véhicule de safari et l'emmène à la rencontre des lions, rhinocéros, léopards et éléphants, du Shamwari au Kalahari. Paradoxe: malgré leur succès, les films de nWave ne sont pas visibles en Belgique, faute d'écrans Imax 3-D. Pour voir «Wild Life 3D», il faut aller à Berlin ou traverser la Manche (1).

Sujet idéal

Si l'utilisation de la 3D n'est donc pas neuve pour nWave, Hollywood s'intéresse à nouveau sérieusement à ce vieux fantasme. Et l'équipe de Ben Stassen est en bonne place. «Après le «Spy Kids 3D» de Robert Rodriguez, tous les studios sont venus chez nous, sentant que l'avenir se situe en partie là... Mais il nous fallait un scénario.» Car le projet est d'envergure et même si nWave a déjà pratiqué l'image de synthèse, il faut ici tenir la distance sur un long métrage. ««Flying to the Moon» est le sujet idéal: trois mouches, trois astronautes qu'on ne voit que du point de vue des insectes, des décors limités, un mélange cartoon et réaliste.»

Avec le scénario écrit et le storyboard en cours d'achèvement, Ben Stassen va maintenant chercher un partenaire auprès des studios américains, à raison du quart d'un budget serré estimé à 21 millions de dollars. Un autre quart devrait être dégagé en Belgique grâce au mécanisme fiscal du tax shelter. Le tournage se faisant intégralement en Belgique, nWave va doubler à cette occasion ses effectifs bruxellois, en recrutant une quarantaine d'animateurs. Le reste du budget sera investi en fonds propres.

Avec un tournage prévu pour deux ans, cette double première (premier film belge en images de synthèse et premier film Imax d'animation 3D) devrait arriver sur les écrans courant 2007. De quoi garantir à nWave le maintien de son leadership. Espérons pour les spectateurs belges que, d'ici là, les exploitants nationaux se seront équipés en conséquence...

© La Libre Belgique 2005

Alain Lorfèvre et Patrick Van Campenhout

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