Cinéma L’équipe du "Gruffalo" adapte un récit post-moderne de l’auteur.

Dans un "diner" londonien, un loup en trenchcoat vient s’asseoir en face d’une charmante dame d’âge mûr. Le canidé remarque le livre de contes qu’elle tient à la main et lui fait remarquer que les histoires pour enfants qu’il contient ne sont que sornettes. Blanche-Neige, lance-t-il ? Elle était blonde, pas brune. Le petit chaperon rouge ? C’est une dangereuse tueuse d’animaux. Et voici l’indésirable qui entreprend de remettre les pendules des classiques de la littérature enfantine à l’heure…

Adapté du livre (1) du même nom de Roald Dahl ("Charlie et la chocolaterie", "Max et les Maximonstres"), ce film d’animation d’une heure, réparti en deux chapitres, revisite sur un ton mordant, et même irrévérencieux, les classiques des frères Grimm.

Cendrillon, Jack (et son haricot magique), les princes charmants, en prennent pour leur grade. L’envers du décor surprendra même. Le loup a lui-même une intention cachée - et sa présence, comme quelques péripéties inattendues, pourront impressionner les plus jeunes. On n’est pas ici que pour rêver et rigoler - les contes, il est vrai, n’ont jamais été exempts de violence - mais, qu’on se rassure, il y aura deux happy ends malgré tout. La morale est sauve.

Derrière cette production à l’excellente facture, on retrouve le studio britannique Magic Light auquel on doit déjà ("Le Gruffalo", "Monsieur Bout de Bois"). Bien que réalisés en images de synthèse, les personnages ressemblent à des figurines de porcelaine en volume. Le ton de Roald Dahl est respecté, même si le graphisme de son illustrateur attitré, l’excellent Quentin Blake, disparaît à l’écran.


© IPM
Réalisation Jakob Schuh et Jan Lachauer. A partir de 6 ans. 1h01

1. Un conte peut en cacher un autre, Gallimard Jeunesse, 64 pp., env. 8,90 €