Cinéma

Dans les années 80 déjà, Judy Craymer, une productrice de musicals, imagine d’enfiler les tubes du groupe ABBA sur le fil d’une comédie musicale. "Voulez-Vous" (Aaaaha !) demande-t-elle à Benny Andersson et Björn Ulvaeus qui mettront dix ans à répondre : "I do, I do, I do, I do, I do".

Soit, "Mamma Mia !", l’histoire d’une jeune fille qui invite ses trois pères potentiels à son mariage, à l’insu de sa maman, une Meryl Streep hallucinante de dynamisme et d’autodérision dans un film qui tenait à la fois du cinéma et du concert. Le moment était joyeux et sans prétention, même pas celle Phyllida Lloyd, une pointure de l’opéra britannique qui signait une mise en scène kitchissime, au service de l’abattage de Meryl Streep et de l’ensorcelante efficacité mélodique de chansons qui rentrent par une oreille et refusent de sortir par l’autre. La comédie musicale a triomphé aux quatre coins de globe et le film a fait un carton planétaire.


Dix ans plus tard, here we go again, et c’est dommage car on reprend le même scénario, les mêmes décors, les mêmes acteurs sauf Meryl Streep et ça ne fonctionne plus. Sa présence réduite à un caméo n’explique pas, à elle seule, le plantage de cette inutile resucée. Ainsi, on avait calé un maximum de tubes dans le musical original. De stock, il ne restait que "Fernando", "Waterloo" et puis du second choix, des titres moins entraînants et plus sentimentaux. Ce n’est plus de la soupe, c’est du sirop.

Enfin, Phyllida Lloyd refusant de tourner une photocopie, la réalisation fut confiée à Ol Parker, probablement le plus grand spécialiste de la pub pour shampoing.

Réalisation : Ol Parker. Avec Lily James, A. Seyfried… 1h 54

© IPM