Une Cendrillon, sans âme ni profondeur, au Far West

A.Lo. Publié le - Mis à jour le

Vidéo
Cinéma

Après "La véritable histoire du chat botté", l’ex-Deschiens Pascal Hérold s’empare cette fois de Cendrillon qu’il envoie au débotté au Far West. La pauvre héroïne de Charles Perrault devient ainsi la bonne à tout faire (mais grande gueule quand même) de Felicity, qui règne en maître sur une petite ville de l’Ouest flanquée de ses deux filles et de deux bouledogues aussi serviles que débiles. Arrive un prince russe et sa mère qui fait tourner la tête de tout le monde et attire la convoitise d’un pirate du désert.

Une heure vingt plus tard, on se demande franchement l’intérêt de l’entreprise, si ce n’est de démontrer par l’absurde les limites de la vogue pour le cinéma d’animation qui amènent toute une série de réalisateurs et producteurs, désireux de profiter de la manne, à manier paresseusement un médium qu’ils ne comprennent ou ne maîtrisent pas.

Cette Cendrillon souffre en effet des mêmes vices que son prédécesseur félin : scénario foutraque, platitude des dialogues et des gags, son et esthétique criards. Les personnages, sans âme ni profondeur, sont à peine mieux animés que dans une cinématique de jeu vidéo : utilisant le tout-venant des programmes informatiques professionnels, les animateurs reproduisent poses et expressions mille fois vues ailleurs. La direction artistique tente de compenser cette indigence par une surcharge baroque d’effets de style - pas toujours du meilleur goût au demeurant. Manque de bol : même si ce "Cendrillon au Far West" fut initié in tempore non suspecto, le "Rango" de Gore Verbinski est passé par les mêmes sentiers désertiques et décalé, au point de faire souffler sur la présente production un petit air réchauffé.

Un argumentaire commercial - la 3D Relief - et quelques noms populaires au générique (Alexandra Lamy, Antoine de Caunes, Yolande Moreau) sont là pour appâter le chaland. Le génie, c’est 1 % d’inspiration et 99 % de travail. Ici, il n’y a que de l’esbroufe technique.

Réalisation : Pascal Hérold. Avec les voix de : Alexandra Lamy, Antoine de Caunes, Yolande Moreau, 1h21.

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