Cinéma Une réunion de famille mouvementée sur une petite île italienne.

Alba et Pietro s’apprêtent à célébrer leurs noces d’or. Cinquante ans de mariage, ça se fête ! Ils ont donc invité enfants, petits-enfants et cousins dans leur belle maison, située sur une minuscule île du sud de l’Italie. Sur le ferry, tout le monde est heureux de se retrouver, parfois après plusieurs années. Même si l’épouse de Carlo voit d’un mauvais œil que ses beaux-parents aient également convié l’ex-femme de son mari. Venue seule avec sa fille, Beatrice est très excitée à l’idée de retrouver son cousin Paolo, ancien flirt de jeunesse devenu écrivain à Paris… Après la célébration à l’église et le repas en famille bien arrosé, il est l’heure de prendre congé. Mais lorsque la petite bande arrive au port, la mer est trop agitée; le ferry ne partira pas. Voilà tout ce beau monde condamné à passer la nuit sur l’île. Et les tensions de se réveiller…


Il y a un petit côté "Milou en mai" dans "A casa tutti bene", avec ces retrouvailles forcées par le hasard menant à une sorte de psychothérapie familiale. Sauf qu’on n’est pas en Mai 68 et que Gabriele Muccino n’a pas la sensibilité de Louis Malle. Moins fine, son étude se veut aussi beaucoup plus sentimentale. Rien d’étonnant de la part d’un cinéaste découvert avec le charmant "L’ultimo bacio" en 2001, qui avait attiré l’œil de Will Smith. La star fit d’ailleurs venir le cinéaste italien à Hollywood pour "The Poursuit of Happyness" (2006) et "Seven Pounds" (2008), deux productions très gentillettes. Evoluant désormais entre Los Angeles et Rome, Muccino n’a rien perdu, dans "A casa tutti bene", de son goût pour les sentiments exacerbés. Car dans cette famille très italienne, ça pleure, ça rit, ça crie !

Pour cette comédie dramatique appuyée sur le temps qui passe et effrite avec lui les sentiments, Muccino retrouve Stefano Accorsi (qu’il avait découvert dans "L’ultimo bacio"), entouré ici d’une impressionnante galerie d’acteurs de tous âges qui composent cette "Famille italienne". Ce que tente le cinéaste, c’est en effet d’explorer le rapport au couple et à l’amour sur différentes générations. Des jeunes gens prêts à s’aimer pour la première fois au vieux couple ayant fini par trouver l’harmonie, en passant par toute une série de mariages plus ou moins en crise.

Ce qui intéresse Muccino, 50 ans et marié deux fois, c’est en effet d’étudier l’impact du temps sur les relations. La mémoire, les souvenirs ou les regrets sont en effet le moteur de l’action de personnages qui semblent tous incapables de trouver le bonheur ou de se contenter de leur vie actuelle. Sauf peut-être l’un d’eux… atteint de la maladie d’Alzheimer.

Réalisation : Gabriele Muccino. Scénario : Gabriele Muccino&Paolo Costella. Photographie : Shane Hurlbut. Montage : Claudio Di Mauro. Avec Stefano Accorsi, Carolina Crescentini, Pierfrancesco Favino, Elena Cucci… 1 h 45.

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