Cinéma

A l'heure où commence le débat budgétaire au parlement régional, la chef du groupe PRL-FDF du Parlement bruxellois Marion Lemesre a proposé jeudi que la Région bruxelloise emboîte le pas à son homologue wallonne en créant un fonds du cinéma visant à soutenir les productions du septième art sous l'angle économique. Pour Marion Lemesre, partout en Europe émergent des bureaux du film qui considèrent le cinéma comme un outil de revalorisation régionale. La concentration de l'activité cinématographique à Bruxelles est telle que l'on ne peut que faire sienne l'idée développée pour la création de «Wallimage». La chef du groupe libéral estime que les retombées d'une telle structure en faveur de la Région bruxelloise sont multipes, en termes de tourisme, d'activité économique notamment pour le secteur horeca et d'emploi pour le secteur technique et artistique qui compose l'industrie du cinéma. Qui plus est, a-t-elle expliqué jeudi, la création d'un tel fonds à Bruxelles éviterait le risque de délocalisation vers la Wallonie par la collaboration entre les professionnels des deux Régions via des outils économiques similaires.Marion Lemesre considère par ailleurs que l'effort financier à fournir par le gouvernement régional serait loin d'atteindre des montants démesurés par rapport à l'ensemble du volet des aides aux entreprises et nouvelles initiatives économiques. Pour 2002, il s'agirait d'une mise de départ unique de 5 millions de FB (123 947 euros) pour constituer le capital du fonds et de 8 millions de FB (198 315 euros) pour les frais de fonctionnement, des chiffres à mettre en rapport avec les quelque 1,6 milliard de FB (396 62964 euros) annuellement consacrés aux aides aux entreprises.Elle suggère la mise en place d'une structure identique créée en Région wallonne, s'articulant autour de deux sociétés: un Fonds bruxellois du cinéma, société anonyme détenue à 100pc par la Région bruxelloise, et sa filiale financière qui prélève les fonds en vertu d'une ouverture de crédit accordée par la Société Régionale d'Investissement (120 millions de FB en 3 ans, soit 40 millions de FB par an). A titre de comparaison, le gouvernement wallon a décidé de participer à concurrence de 10 millions de FB pour une souscription en capital à la constitution d'une filiale de Wallimage (la Sowalim) et de mettre à la disposition de celle-ci, sous forme d'ouverture de crédit, un montant de 400 millions de FB libéré sur 4 ans, à dater du 1er mars 2000. La Région wallonne verse par ailleurs 16 millions de FB (396 630 euros) par an pour le fonctionnnement des deux sociétés.

LIVRES

VILLE DE BRUXELLES

Le Prix des Amis des bibliothèques

Désormais réservé à un roman publié au cours des deux dernières années, écrit par un auteur de langue française domicilié en Belgique, le Prix littéraire de l'asbl «Les Amis des bibliothèques de la Ville de Bruxelles» (fondé en 1992, d'un montant de 2.500 € soit 100.000 BEF) sera remis, en l'Hôtel de Ville de Bruxelles, le 7 décembre prochain. Le jury a retenu cinq finalistes:- «Blanche cassé» d'Elisa Brune (Ramsay)- «Les enfants de la Pustza» d'Yves Caldor (Bernard Gilson)- «Retour à Montechiarro» de Vincent Engel (Fayard)- «Le grand menu» de Corinne Hoex (Editions de l'Olivier)- «Baigneuse nue sur un rocher» d'Armel Job (Robert Laffont).

MUSEES

VIVES CONTESTATIONS

Privatiser les musées italiens?

Six mois après son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Silvio Berlusconi peine à dissiper le flou entourant son projet de confier à des partenaires privés la gestion de biens culturels au point de provoquer l'inquiétude des directeurs de 37 grands musées du monde, auteurs d'une pétition. Face aux critiques de l'opposition de gauche, qui accuse la droite de vouloir brader une politique de mécénat dont elle tire orgueil, le ministre de la culture, Giuliano Urbani, a tenté en début de semaine de couper court à la polémique en assurant qu'aucun danger ne pesait sur le patrimoine italien puisque sa protection est un devoir inscrit dans la Constitution.Il a souligné que toutes les décisions relèveraient toujours du ressort de l'Etat, par l'intermédiaire des superintendants, qui chapeauteraient les gestionnaires. Ses arguments n'ont que partiellement convaincu. Une partie de la presse italienne a vu dans les explications du ministre une possible «marche arrière» mais pour d'autres les idées avancées sont pour le moins «nébuleuses». Le ministre a, par exemple, évoqué la possibilité pour un partenaire de créer, près du Printemps de Boticelli, exposé à la Galerie des Offices à Florence (centre), un espace de style Renaissance, avec musique et costumes d'époque, pour mieux faire comprendre l'Histoire. Pour le public, le prix à payer serait le coût d'un billet supplémentaire, un droit accordé au concessionnaire. «Ce serait un progrès», estime M. Urbani, favorable à des «solutions innovantes» permettant de mettre en valeur des oeuvres d'art et de sortir des réserves des objets et tableaux qui ne sont pas à ce jour accessibles au public car l'Etat n'a pas la capacité d'exploiter à lui seul tout le patrimoine culturel de l'Italie. L'envers de la médaille, c'est le risque de rendre un peu plus difficile l'accès à la culture pour tous, un principe que la gauche avait réussi à promouvoir avec un certain succès entre 1996 et 2001.

© La Libre Belgique 2001