Cinéma

Le cinéaste danois Lars von Trier, Palme d'or pour "Dancer In The Dark", producteur de trois films pornographiques hétérosexuels avec une approche inédite, tente de renouveler aussi le registre homosexuel avec "Hot Men Cool Boyz", sa première production gay.

Disponible uniquement en DVD à partir du 6 octobre (sortie mondiale), "Hot Men Cool Boyz" a été produit par sa société Zentropa et réalisé par Knud Vesterskov, autre spécialiste du cinéma d'avant-garde, qui signe également sa première oeuvre pornographique gay.

Lars Von Trier, l'un des fondateurs de Dogma, mouvement cinématographique défendant "l'esthétisme et la vérité", a édicté avec d'autres cinéastes un code similaire pour ses productions "X", le "Puzzy Power Manifesto" avec le parti-pris révolutionnaire de s'adresser, avant tout, à un public féminin.

Les principaux "dogmes" de ce manifeste sont "une émotion et une sensualité privilégiés", un scénario crédible, l'interdiction des scènes de sexe gratuit "au profit d'une montée subtile du désir" et le refus de toute violence.

Depuis 1999, Lars Von Trier a produit, selon ces nouveaux "dogmes", trois films pornographiques hétérosexuels, "Pink Prison" ("La Prison des Sévices"), "Constance" ("Libertine") et tout dernièrement "All about Anna" ("Tout sur Anna").

"En souhaitant aujourd'hui aborder l'homosexualité masculine, Lars Von Trier poursuit sa volonté de décrypter les émotions humaines et le sexe gay en fait partie", a expliqué à l'AFP Nicolas Barbano, l'un des chargés de production de Zentropa venu à Paris présenter "Hot Men Cool Boyz", avec les principaux acteurs.

"Tourné en 2000, 'Hot Men Cool Boyz' s'est heurté à notre grande surprise aux distributeurs de films gays. Ils ont longtemps reproché au film d'être 'trop différent'. La société Colmax a accepter le risque de l'inédit", a ajouté M. Barbano.

Avec Ron Athey, artiste underground de renommée internationale et adepte du tatouage, et Billy Herrington, l'un des acteurs pornos gays les plus connus aux Etats-Unis, "Hot Men Cool Boyz" se singularise par une esthétique poussée ayant pour références aussi bien les trucages de Georges Méliès, inventés à l'aube du septième art, que les moyens d'une superproduction.

Malgré des scènes explicites, les gros plans sont prohibés, ainsi que toute vulgarité, adaptant au genre gay les règles du "Puzzy Power Manifesto", y compris "la sincérité des acteurs".

"Hot Men Cool Boyz" qui rappelle "Pink Narcissus", autre ovni homosexuel réalisé en 1971 par James Bidgood, évoque le sexe gay en six univers différents.