Cinéma Anton Chigurh est arrivé troisième dans notre sondage sur vos méchants ciné et télé favoris sur Lalibre.be. La suite du classement, jeudi prochain.

Nous sommes en terrain mythologique connu, celui de l’Amérique des grands espaces, du Nouveau Monde. Dans un canyon, on découvre un vrai carnage. Une inconciliable divergence de vues parmi des trafiquants de drogue ? Entre cadavres et 4x4, une mallette bourrée de dollars attend qu’on l’empoigne.

Ni vu, ni connu, c’est pour le moustachu.

Le geste est naturel et l’erreur est lourde, on le pressent. La confirmation arrive sous la forme d’un individu étrange bien décidé à ne pas lâcher les santiags de l’homme à la mallette. Il s’appelle Anton Chigurh.

Pourquoi Anton Chigurh fait-il partie du top des méchants ?

Parce qu’il a un nom qui fait peur à prononcer. C’est pas faux.

Parce que sa coiffure ne fait pas rire longtemps ceux qui ont le malheur de le croiser. Le coiffeur Paul LeBlanc aurait imaginé un croisement entre la coupe des soldats anglais des premières croisades et celle des Mods durant les sixties. Une explication un peu tirée par…

Parce ce que son arme frappe l’imagination. Combien de ses victimes sont mortes en se demandant d’où sort ce flingue à bonbonne ? Probablement d’un abattoir, car il s’agit de ce qu’on appelle un pistolet à projectile captif, fréquemment utilisé pour percuter le crâne des animaux de boucherie. Mais peut-être vient-il d’un serrurier car comme on peut le voir dans le film, il peut servir à faire sauter les barillets. Homme discret, Chigurh dispose également d’un fusil à silencieux.

Parce que c’est plus fort que lui. Chigurh est psychopathe, il ne sait pas rencontrer quelqu’un sans le buter. Un shérif ne le suit pas à la trace, il remonte le cours d’un ruisseau de sang.

Parce que cette adaptation de "No country for old men", le roman de Cormac McCarthy, est si désenchantée, si terrifiante, si absurde que les frères Coen, les auteurs de "Fargo" qui en connaissent pourtant un morceau sur la violence, hé bien, Ethan et Joel y perdent leur humour. Il ne reste que la noirceur.

Anton Chigurh compte tout de même un ami, c’est Javier Bardem. Parce que c’est comme cela, un acteur défend toujours son personnage. Et puis, Chigurh a valu au comédien espagnol son Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.Fernand Denis