Cinéma Un joli récit initiatique signé par l’Helvético-Burkinabé Berni Goldblat.

Jeune gamin de banlieue débrouillard, Ady (Makan Nathan Diarra) connaît Vaulx-en-Velin comme sa poche. A 13 ans, il a déjà de quoi s’offrir le dernier iPhone. C’est qu’il fait un peu de "biz", quelques petits larcins par-ci, par-là. Ce qui a le don d’agacer son père. Lequel l’envoie au pays, dans son village natal du Burkina Faso, histoire de le ramener dans le droit chemin. Le gamin, qui croit débarquer au bled pour 15 jours de vacances, découvre que son oncle Amadou (excellent Hamadoun Kassogué) est bien décidé à le faire travailler pour une misère et à l’"initier". C’est-à-dire à en faire un homme en passant par la case circoncision. Mais Ady n’est pas du genre à se laisser faire: "Personne touche à ma teub !"

Le parcours de Berni Goldblat n’est vraiment pas banal. Né à Stockholm d’une mère suisse et d’un père polonais, celui-ci est tombé amoureux du Burkina Faso dans les années 90, au point d’en adopter la culture et la nationalité. C’est là qu’il a tourné tous ses films, documentaires, dont le très remarqué "Ceux de la colline" en 2009, sur les orpailleurs de la colline de Diosso. Avec "Wallay", sa première fiction, Goldblat met en scène la découverte du Burkina à travers les yeux d’un jeune Français. Et, celui-ci fût-il d’origine burkinabé, le choc est violent...

Pour sûr que le cinéaste s’est fortement inspiré de ses propres impressions d’Européen rencontrant l’Afrique noire. Il joue très bien, souvent avec beaucoup d’humour, de cette confrontation des cultures et ce, heureusement, sans jamais tomber dans le côté folklorique. Fort de son passé de documentariste et de sa connaissance intime du pays, Goldblat inscrit en effet son joli récit initiatique dans une description très réaliste du Burkina contemporain, à la fois tendre et dure. Bref, juste.


© IPM
Scénario & réalisation : Berni Goldblat. Photographie : Martin Rit. Musique : Vincent Segal. Montage : Laurent Sénéchal. Avec Makan Nathan Diarra, Ibrahim Koma, Hamadoun Kassogué, Mounira Kankolé… 1 h 24.